Le braconnage sévit dans bien des pays du monde. Des espèces endémiques disparaissent de la surface de la terre. Les grands animaux sauvages sont pourchassés pour leurs peaux, leurs ivoires, etc. Cela se nomme « le trafic d'animaux vivants rares ou préservés ». Il en va de même sous la surface de la mer avec les requins en autre mais

pas seulement encore de nos jours.

 

Le braconnage est le fait de l'homme. Ce dernier chassait pour se nourrir dans les temps préhistoriques jusqu'au Moyen âge. Ensuite, durant des siècles, la chasse, réservée à une élite, dépassait ce cadre : elle répondait à un standing de loisir et de plaisir. En Europe, cette chasse revenait aux propriétaires terriens auxquels faisaient partie l'aristocratie et la bourgeoisie. Or la chasse dite de « subsistance », pour survivre donc, semble avoir disparu quelque peu de cette notion obligataire qu'il convient d'appeler « manger pour vivre et non vivre pour manger ». De nos jours, d'une certaine manière, les frigos se remplissant aussi vite que le porte monnaie est plein, cette chasse nourricière a perdu de son éclat. Et pour cause. Les animaux sont repoussés hors de leurs limites de territoire. Ils sont abattus en masse et de façon organisée. D'autres espèces sont protégés mais pour qui ? Les armes sont règlementées. Le prolongement de la période de chasse au nez et à la barbe des agents de l'ONCFS se paye cash pour les contrevenants en flagran délit pour les plus vernis.

 

Le braconnage regroupe deux activités distinctes : la chasse et la pêche. Ces deux pratiques sont illégales. La revente des prises de pêche dites de « loisir » est prohibée. La détention d'un permis s'oppose comme une obligation aux pêcheurs braconneurs. Les domaines privés peuvent aussi être violés pour satisfaire ces loisirs interdits dans ces zones. Certaines associations luttent contre d'autres formes de braconnage dénoncées du fait d'une complicité présumée de l'Etat. Il faut dire que même encore aujourd'hui, ce sont parmi les notables, d'où sont souvent issus les élus locaux, que se retrouvent les chasseurs et les pêcheurs. Ils ne leur viendraient pas à l'idée de dénoncer les membres de cette corporation dont ils font partie. Le braconnage de masse empêche la force publique de faire respecter les lois relatives à la protection des espèces, le respect des périodes d'ouverture et de fermeture de la chasse. Il en va de même pour l'application des directives visant à recenser les espèces en déclin pour mieux les protéger.

 

Si vous vous provenez dans les bois, pendant que les loups n'y sont pas, vous constaterez, dans nos contrées du sud de la France, entre les mégapoles rhônalpines, des mouvements de voitures, de personnes, de chiens. Cela se passe généralement assez tôt dans la matinée. D'autres fois, en mai, juin, alors que la chasse est fermée, vous n'aurez aucune difficulté à entendre ce bruit très distinctif d'un coup de feu qui claque. Vous l'êtes encore davantage lorsque ces tirs se succèdent toutes les deux ou trois minutes une matinée entière. Enfin, en phase d'exaspération voire de crainte pour votre peau, vous joignez la gendarmerie du quartier. A votre grand surprise, vous entendez votre interlocuteur vous conseiller un rapprochement avec la mairie. Cela laisse songeur, vous ne trouvez pas ?

 

Petits passereaux, rouges-gorges (espèces protégées), lièvres, lapins, voilà des petits animaux qui s'attrapent sans trop de difficultés avec un peu de technique. Alors le braconnage à pièges reprend t il du service ? Les chiens attendent dans leurs abris mais peuvent ils se contenter qu'une période somme toute limitée pour faire un peu d'exercice ? N'oublions pas l'origine du mot « braconnier » : la racine « braque » visait le meneur des chiens, de la meute, l'homme. Lorsque l'on sait que dans les océans mais aussi sur la terre ferme les espèces sont en grand danger du fait de leurs extinctions, autant dire que ces chasseurs baroudeurs ou pêcheurs illégaux n'ont que faire des comptages, recensements, gestion durable des ressources naturelles.

 

Les pigeons ramiers font l'objet d'une surveillance particulière depuis qu'au Col de l'Escrinet les migrations y sont enregistrés au printemps. Le mois de mars y est meurtrié alors que la reproduction de l'espèce est en pleine effervescence. A dire vrai, les pigeons ramiers ne sont pas visés en soit. Mais parmi les milliers d'oiseaux migrateurs chassés illégalement, cet oiseau y figure. De là à affirmer que les braconniers sont autorisés à ce type de pratique serait beaucoup dire. Mais il faut bien reconnaître que les gardes de l'ONCFS ont un effectif trop réduit pour s'avérer efficace dans ces chasses à l'homme. Là où les choses se corsent, c'est lorsque des délits portent atteintes au matériel de comptage, aux abris des spécialistes, ornithologues, naturalistes, mais également à leurs voitures. Des répressions qui font penser à ce que l'on nomme : « rendre la justice soi même ». Les braconniers, en plus de cet état de fait, sont ils également des individus violents et sans scrupule ? Dans certains cols, les postes de tir sont distants de quelques cinquante mètres. Un déploiement qui ne passe pas inaperçu : faut il penser à une forme d'immunité de compagnonnage de braconniers ?

 

Avec une situation économique qui s'annonce désastreuse au rythme où en sont les données actuelles, il ne serait pas incongru d'imaginer qu'une nouvelle catégorie de braconniers ne fasse son apparition. La viande ne remplit plus autant les frigos. Elle est devenue presque inaccessible pour des petites bourses et des grandes familles. Que dire du poisson sauvage et celui d'élevage. Dans le monde rural, la chasse, la pêche s'offrent avec discrétion et tact dans une nature de grande proximité. Alors pourquoi ne pas imaginer que ces femmes et ces hommes qui vadrouillent au petit matin relèvent leurs pièges et se cachent des badauds et promeneurs canins ?

 

Le braconnage semble avoir repris du service. Discrétion oblige, aucun coup de feu n'est tiré mais la besace est pleine. Les restrictions budgétaires de l'administration donne la part belle à ces pratiques. La famille dînera ce soir.

 

Claire Mollien

Chargée de communication Web / rédacteur / community manager, photographe

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