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Efficacité énergétique dans le tertiaire : agir tant sur la conception que sur la régulation

Le Grenelle de l'environnement et la nouvelle réglementation thermique (RT2012) fixent des objectifs ambitieux en matière de réduction des consommations d'énergie dans le secteur du bâtiment. Le tertiaire n'échappe pas à cette ambition.

© Goran-Bogicevic

Les bâtiments tertiaires représentent en France près de 839 millions de mètres carrés chauffés, dont 43,6 % au gaz, 24 % au fioul et 22,5 % à l'électricité (en progression). La consommation finale totale du tertiaire représente 218,5 TWh. Mais les consommations d'énergie sont très différentes selon les usages des bâtiments. Ainsi, les bureaux représentent une grande part des surfaces tertiaires chauffées alors même que le chauffage et l'eau chaude sanitaire ne représentent qu'un tiers des consommations de ce type de locaux. Les usages spécifiques de l'électricité (climatisation, éclairage, bureautique) y sont en progression constante. Si la RT2012, qui entre en vigueur le 28 octobre 2011 pour le tertiaire, encadre les performances énergétiques des constructions neuves, c'est sur le bâti existant que devra porter le plus gros des efforts. En effet, tout comme dans le résidentiel, le parc immobilier tertiaire a un faible taux de renouvellement, situé aux alentours de 1,6 %. Les gisements d'économies d'énergie se situent donc dans le parc existant, dont les trois quarts ont été construits avant 1975. Mais pour améliorer les performances énergétiques de ces bâtiments, il ne suffit pas d'agir sur le bâti. Il faut également travailler sur les comportements des utilisateurs, l'exploitation du bâtiment et les équipements afin de parvenir à une gestion rationnelle de l’énergie.

Deux leviers d'action : l'efficacité énergétique passive et active

Le premier levier d'action, l'efficacité énergétique passive, est essentiel pour réduire les consommations. Il s'agit de limiter les besoins du bâtiment en travaillant sur l'enveloppe (isolation, perméabilité, menuiseries, éclairage naturel…) et en investissant dans des équipements performants, qui affichent les meilleurs rendements. Des énergies renouvelables, pour la production de chaleur, d'eau chaude sanitaire ou d'électricité, peuvent également être installées pour diminuer les besoins extérieurs du bâtiment.

Une fois cette étape réalisée, l'efficacité énergétique active du bâtiment entre en piste. En effet, les nombreux postes de consommations et les usages parfois complexes de l'énergie nécessitent d'être pilotés afin d'être optimisés.

Mesurer, réguler, gérer

Il faut d'abord connaître les différents postes de consommation d'un bâtiment et identifier les gisements d'économie d'énergie. La première étape consiste donc à réaliser un audit énergétique détaillé (consommation d'énergie poste par poste). Ces consommations seront ensuite suivies régulièrement, communiquées à l'utilisateur voire affichées, afin de l'entraîner à modifier ses comportements. Cette simple information pourrait permettre d'économiser jusqu'à 10 % de l'énergie consommée. L'audit permet également de chiffrer les actions d'économie à mettre en œuvre.
Après avoir évalué les consommations du bâtiment, la phase de pilotage peut être mise en œuvre. Dans le tertiaire, où les usages sont nombreux et complexes, cela passe souvent par des systèmes de gestion technique du bâtiment (GTB) qui coordonnent l'ensemble. Cette gestion technique doit permettre de réguler les usages tout en assurant le confort des occupants du bâtiment. ''Ces systèmes permettent de traiter les informations de mesure (température, humidité..) et d’état (marche/arrêt...) des équipements de chauffage, de climatisation et d’éclairage pour les régler, les optimiser, les sécuriser et compter l’énergie consommée'', indique la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (Fieec). Selon elle, ''il est possible de réaliser sur 70 % de la consommation finale, jusqu’à 30 % d’économies d’énergie par la mise en place de systèmes de régulation et GTB''.

Sophie Fabrégat

http://www.actu-environnement.com/ae/dossiers/gestion-technique-batiment/efficacite-energetique-tertiaire-conception-gestion.php4

La gestion technique des bâtiments pour un pilotage précis des équipements

Pour réduire la consommation énergétique, les systèmes de Gestion technique des bâtiments sont aujourd'hui installés systématiquement sur tout nouveau bâtiment. Optimisation des équipements techniques et économies énergétiques sont ainsi attendues.

© Elenathewise

"Pour réduire la consommation énergétique dans le secteur des bâtiments, trois dimensions sont à prendre en compte : la conception, la gestion et le comportement", explique Didier Malé, référent GTB pour le Bureau Veritas. De nombreux efforts ont été réalisés sur la conception des bâtiments avec la mise en place progressive de bâtiments basse consommation, étape nécessaire avant d'arriver au bâtiment à énergie positive. Depuis 2005, la gestion énergétique est également un aspect essentiel pour tendre aux objectifs européens, notamment celui de la diminution de 20 % des consommations d'ici 2020. Conscients de la nécessité de mieux exploiter leurs sites, les industriels équipent désormais et de façon systématique leurs immeubles de bureaux et leurs bâtiments de systèmes appelés GTB pour gestion technique des bâtiments.

Mise en œuvre sur de nouvelles constructions ou sur des anciennes en rénovation, le système GTB, grâce à la surveillance et au pilotage des équipements, permet d'obtenir assez rapidement une baisse notable de la consommation énergétique et des émissions de CO2. "Selon le secteur, le type de bâtiment ainsi que les équipements, la réduction de la consommation énergétique est variable, mais les exploitants ou gestionnaires peuvent espérer des économies d'environ 15 à 20 %, et même dans certains cas, jusqu'à 30 %", appuie Didier Malé. Outre ces économies, ce type de système de gestion garantit également un confort satisfaisant pendant la période d'occupation des locaux, une réduction des coûts d'exploitation ainsi qu'une fiabilité des installations. "La GTB qui compile et analyse les données sur la consommation énergétique et sur les équipements, est le seul système qui fournit des indications concernant les actions correctives à entreprendre pour que le bâtiment consomme moins", avance Jean-Daniel Napar, Président du Syndicat des Automatismes du génie climatique et de la régulation et également vice-président de la filiale Strategy Siemens IBT.

Architecture d'un système GTB

Concentrant l'ensemble des informations techniques, la GTB constitue l'intelligence des bâtiments. Ce système s'articule autour d'un poste informatique équipé d'un logiciel de supervision, de capteurs, d'automates programmés et d'actionneurs. Des unités de traitement local (UTL) sont chargées de concentrer et de numériser les informations issues des bornes d'interface des équipements de contrôle/commande quels que soient les types de signaux provenant de ceux-ci. En interprétant les données collectées, la centrale de gestion relaie ensuite les ordres de commande aux différents équipements via les actionneurs (vannes, volets…). La gestion se fait quasiment en temps réel et doit répondre au mieux aux besoins du site. L’enregistrement des données facilite également l'établissement d'historiques, de bilans, et d'analyses.

En outre, pour communiquer entre les divers composants du réseau qui sont en général issus de différents fabricants, il faut utiliser un langage commun appelé protocole. Fin des années 90, chaque constructeur de système de GTB avait son propre langage ce qui rendait difficile la communication entre automates. Pour éviter cette situation, plusieurs protocoles ouverts interopérables ont été créés. Devenus des normes EN ou ISO, ces protocoles ouverts (BACnet, EIB/KNX et LonWorks) constituent des standards informatiques dont toutes les ressources sont publiées de manière à ce que tous les constructeurs intéressés puissent s’en servir.

De plus en plus d'équipements associés à la GTB

A partir d'une seule unité centrale, le système de GTB commande un très grand nombre d'équipements techniques : chauffage, ventilation, climatisation, éclairage, systèmes de détection d'incendie et de sécurité. "Pour l'instant, la GTB ne concerne pas vraiment la distribution d'eau, mais elle risque d'être liée dans un avenir proche avec l'arrivée des compteurs intelligents", note Didier Malé.

Dans le domaine du chauffage et de la climatisation, la GTB optimise, pour une consommation de l'énergie au plus juste, le fonctionnement des installations par une meilleure maîtrise de la température. Afin d'augmenter le confort du bâtiment et améliorer l'environnement intérieur, chaque bureau peut par exemple être équipé d'une régulation individuelle, autorisant l'occupant à lui-même gérer la température de son bureau. Les accès au bâtiment peuvent également être gérés par la GTB en assurant la lecture de badge ou la reconnaissance vocale, offrant la possibilité de coupler plusieurs équipements. L'interconnexion du système de contrôle d'accès avec la régulation du chauffage et l'éclairage permet une mise en température d'un bureau uniquement lorsque l'occupant est détecté par le contrôle d'accès. De même, l'éclairage peut être éteint dès le départ du salarié et la température de son bureau réduite.

Par ailleurs, toute alarme détectée est communiquée au poste central qui transfèrera l'information par email, fax ou SMS, à l'équipe d'astreinte afin d'améliorer la réactivité. La plupart du temps, ces techniciens agissent à distance en isolant, par exemple, la zone concernée ou en fermant les vannes. Ce système réduit ainsi les délais d'intervention, voire évite les déplacements inutiles.

Clément Cygler

http://www.actu-environnement.com/ae/dossiers/gestion-technique-batiment/gtb-pilotage-equipements.php4

La gestion technique des bâtiments valorise l'efficacité énergétique des ouvrages

Dédiée au pilotage de tous les équipements techniques et électroniques d'un bâtiment à vocation non résidentielle, la GTB permet de générer jusqu'à 30 % d'économies d'énergie, tout en optimisant le confort des occupants

Dédiée au pilotage de tous les équipements techniques et électroniques d'un bâtiment à vocation non résidentielle, la GTB permet de générer jusqu'à 30 % d'économies d'énergie, tout en optimisant le confort des occupants.

La façon dont les bâtiments sont gérés, a un impact direct sur la consommation énergétique, a déclaré Jean-Christophe Visier, département Energie, Santé, Environnement, du CSTB, analysant les dernières innovations qui seront présentées à Batimat*. Et plus on s'approche d'ouvrages basse consommation, plus l'importance de disposer d'une GTB devient grande !

Une telle installation permet en effet, de visualiser, surveiller et piloter l'état d'un bâtiment dans son ensemble (alarme, température, défaut, marche/arrêt, etc). Sont concernés la production de chaud, froid, climatisation, la ventilation, les courants forts et les courants faibles, les ascenseurs, la plomberie, le contrôle d'accès, la sécurité, l'éclairage, les stores, etc. S'ajoutent d'autres paramètres comme la maîtrise de l'énergie pour gérer les consommations en frigories, calories, kiloWatts et même en eau, améliorer le confort des occupants et assurer le suivi des contrats de performances.

Si on lui préfère la domotique dans le résidentiel, on n'imagine plus un bâtiment du secteur tertiaire sans GTB , explique pour sa part Philippe Detourbe, responsable du Département GTC-Automatisme de Axima Contracting (Groupe Suez). D'autant que le coût de l'électronique et de l'informatique a fortement chuté !Par rapport à un bâtiment non géré, cet outil permet de gagner jusqu'à 30 % d'économies d'énergie, notamment dans les immeubles de bureaux, les hôpitaux, les écoles, l'hôtellerie, les centres commerciaux, l'industrie, voire dans les navires à passagers.

Même dans une petite mairie, quelques automates et un superviseur suffisent à gérer au mieux les énergies, poursuit le spécialiste des automatismes. En plaçant une programmation horaire du chauffage et en vérifiant les points de consignes (ce que l'on souhaite obtenir), on peut faire en sorte de descendre le bâtiment en température la nuit et de le remonter avant l'arrivée des occupants. On peut aussi limiter les consommations de frigories l'été en commençant à climatiser à partir de 25°C ou 26°C. Ou décider dans un immeuble de bureaux, de mettre en œuvre des capteurs de présence, une coupure automatique de l'éclairage avec des systèmes de relance pour ceux qui restent plus tard le soir, etc.

À cette efficacité énergétique liée à la partie automatisation se greffe un intérêt financier, souligne Philippe Detourbe. D'abord, l'investissement dans un outil centralisé est rapidement amorti par la réduction du nombre d'exploitants. Ensuite, la détection rapide du moindre défaut technique revêt un aspect préventif. Enfin, les équipements techniques s'avèrent trop complexes à gérer aujourd'hui, sans centralisation des informations, courbes de suivi et historiques d'alarmes !

Dès lors que l'on veut mixer les équipements, la principale contrainte du système tient aux protocoles qui vont circuler sur le réseau de communication, a rappelé Philippe Detourbe. En effet, beaucoup de constructeurs proposent des ''langages'' propriétaires. Moins onéreux à l'achat initial, ce type de système oblige à poursuivre avec le même fournisseur en cas d'extension de GTB, afin que les automates se comprennent. C'est pourquoi les demandes s'orientent de plus en plus vers des bus de communication standardisés et ouverts comme BACnet (conforme à la norme EN-ISO 16484-5/-6 et NF), qui favorisent une interopérabilité entre les produits de différents constructeurs sur un même réseau. À noter également, une demande forte pour une connexion directe des automates sur le précâblage informatique du bâtiment avec utilisation du réseau Ethernet.

Afin de pérenniser les investissements des utilisateurs finaux, un autre facteur entre en ligne de compte : la garantie de qualité des produits commercialisés. Jusqu'à présent, aucune norme ne permettait d'évaluer leur performance, a fait remarquer l'ingénieur du CSTB. Cette lacune est en passe d'être comblée !Plusieurs industriels européens se sont regroupés au sein de l'association Eubac (European Building Automation Controls Association), afin de mettre en place un référentiel de caractérisation. Les premières certifications Eubac ont été délivrées en juillet dernier, a précisé Jean-Christophe Visier. Et certains thermostats pour chauffage et climatisation peuvent d'ores et déjà être valorisés au titre de la réglementation thermique 2005 !Autant dire que les prochaines réglementations thermiques devraient conférer toute sa place à la gestion technique des bâtiments.

*Batimat, du 5 au 10 novembre 2007, Paris Expo - Porte de Versailles.

Les solutions GTB passent à l'interopérabilité

David Penhouet, ingénieur étude et recherche GTB, automatisme et régulation au Centre technique et scientifique du bâtiment (CSTB), revient sur les principales solutions GTB et leurs évolutions passées et à venir.

© Nomad_Soul

Actu-environnement : Quelles solutions apporte la GTB en matière d’économie d’énergie ?

David Penhouet : Elle permet avant tout de consommer uniquement ce qui est nécessaire, quand et où c'est nécessaire. Typiquement, le système est construit autour d’anticipations, c'est-à-dire l’usage prévisible du bâtiment, mais il s'adapte aussi à la réalité des usages. Le système permet également de réaliser des économies en détectant des dérives de fonctionnement, avec par exemple la détection du fonctionnement des luminaires en période d’inoccupation.
On peut aussi moduler la consommation en fonction des prix de l'énergie. Couplé à un smart grid, le système de GTB va recevoir un signal-prix et gérer des outils d'effacement en réponse. On peut couper totalement certaines charges ou réduire certaines consignes, par exemple on abaisse de deux degrés la température. Par ailleurs, on travaille à des réponses plus complexes qui viendraient modifier plus subtilement le fonctionnement du bâtiment en limitant l'éclairage, avec par exemple l'allumage d'uniquement une lampe sur deux.

AE : Quel domaine concentre les principales innovations des solutions de GTB ?

DP : Ce sont les innovations concernant le cœur de la GTB, c'est-à-dire les outils permettant de commander, gérer, suivre, sécuriser et maintenir en bon état les lots techniques : éclairage, chauffage, ventilation et climatisation (CVC), occultation et électricité.

AE : Comment communiquent ces différents outils ?

DP : Pour faire remonter les informations des niveaux bas, les automatismes, vers les niveaux hauts, la supervision, il est préférable d'utiliser un support de communication éprouvé qui est Internet protocol (IP) car on peut faire transiter énormément d'informations. C'est le "tuyau" par lequel tout passe, la dorsale du système d'échange d'information.

AE : Comment a été développée l'interopérabilité ?

DP : Historiquement la gestion des systèmes d'un bâtiment se faisait par îlot d'automatisme. On gérait indépendamment le chauffage, l'éclairage et ainsi de suite, grâce à des solutions techniques basées sur des automates distincts pour chaque fonction. On parlait de gestion centralisée.
Avant les années 2000, ces solutions étaient dites "propriétaires", c'est-à-dire qu'on achetait l'application comprenant les automatismes et le moyen de communication chez un industriel sans avoir accès aux spécifications sur la manière dont sont codées les informations. Il y avait des centaines de solutions différentes, mais elles ne pouvaient pas communiquer.
En 2004 - 2005, un important travail normatif a été réalisé par le Comité européen de normalisation (CEN) et l'Organisation internationale de normalisation (ISO) qui a abouti à trois standards : KNX, Lonworks et BACnet.

AE : Pourquoi avoir développé trois standards distincts ?

DP : Ils viennent de mondes différents et offrent des profils différents. Les deux premiers sont très bons pour la gestion de l’électricité, de l'éclairage et du CVC. BACnet pour sa part se place au-dessus et il permet surtout de récupérer facilement de l'information provenant d’applications différentes.

AE : Qu’est ce qui détermine le choix entre ces solutions ?

DP : Lorsqu'on choisit un protocole, on définit tout d'abord les variables. Ce sont par exemple des variables de température ou d'éclairage. Ensuite on détermine les profils correspondants qui représenteront les visions "métiers" des données : un profil pour le chauffage, basé sur des plages horaires et des températures associées, par exemple. Enfin, on définit des services : on peut vouloir collecter toutes les données relatives aux températures constatées ou seulement des relevés agrégés.
KNX et Lonworks sont plus axés sur les variables et les profils, c'est une approche orientée terrain. BACnet est plus orienté sur une vision service qui se place à un niveau supérieur plus adapté à la supervision.
Ils ont chacun leurs points forts et points faibles : ce que BACnet gagne en prenant de la hauteur par rapport aux deux autres, il le perd en finesse de détails. Sur un petit bâtiment KNX et Lonworks sont suffisants, alors que sur de grosses infrastructures avec de nombreux bâtiments BACnet offre des fonctions globales plus satisfaisantes.

AE : Quels sont les éléments qui déterminent l’efficacité des solutions retenues ?

DP : L'efficacité de la solution appliquée dépend en premier lieu du cahier des charges fixé par le maître d’œuvre. Il doit se concentrer sur l’expression fonctionnelle des besoins, par exemple un usage intermittent pour un bâtiment de bureau et le confort souhaité, et des caractéristiques techniques, comme l’orientation du bâtiment mais il devra aussi spécifier si une personne suivra cette GTB à demeure.
L'intégrateur qui gérera le lot fera ensuite le lien entre chaque fournisseur de solution pour s'assurer qu'on puisse bel et bien coordonner et intégrer efficacement l’ensemble des applications nécessaires pour répondre techniquement à ce cahier des charges fonctionnelles.
Pour les petits bâtiments, si on ne peut pas créer un lot GTB spécifique, il est conseillé d'attribuer cette fonction d'intégration au lot qui a le plus de poids pour répondre aux besoins exprimés.

AE : Quels est la tendance des innovations à venir ?

DP : La GTB évolue très rapidement, bien plus vite que de nombreux aspects du bâtiment, tels que l'enveloppe extérieure. Il est donc indispensable de retenir des solutions flexibles pour ne pas hypothéquer l'avenir : une GTB peut devenir rapidement obsolète, les usages du bâtiment peuvent changer et l'organisation des plateaux peut évoluer.
On voit ainsi apparaître des outils qui permettent de réadresser les différents éléments pilotés par la GTB selon l'évolution de l'usage des surfaces. C'est ce qu'on appelle la reconfiguration dynamique d'équipement.
Avec la RT 2012 on voit aussi apparaître de nombreux tableaux de bord qui agrègent l’information de manière à la rendre la plus pertinente possible et ceci en fonction de l’acteur qui l’utilise. Ils permettent ensuite avec de l'expertise d'optimiser la consommation énergétique. On voit d'ailleurs émerger le rôle de gestionnaire d'énergie qui, à partir de ces tableaux, améliore les performances, soit en organisant mieux les outils, soit en préconisant des changements de systèmes ou des modes de configuration ou bien encore en conseillant les occupants sur la meilleure gestion de leurs usages.

Propos recueillis par Philippe Collet

http://www.actu-environnement.com/ae/dossiers/gestion-technique-batiment/gtb-innovations-interoperabilite-standards.php4

Les utilisateurs font de plus en plus confiance aux systèmes GTB

Après une forte baisse en 2009, le marché de la GTB a repris des couleurs. La révision de la directive européenne sur les performances énergétiques ainsi que l'arrivée à maturité des technologies de GTB ont ainsi porté le marché en 2010.

© Nightman1965
Le pilotage par internet favorise la décentralisation des automatismes
Parmi les familles de produits de la GTB, le marché en 2010 a confirmé une tendance observée ces dernières années : la décentralisation des automatismes sur les unités de traitement local (UTL). Intégrant des algorithmes de régulation et d’efficacité énergétique, ces UTL s’implantent de plus en plus dans les bâtiments industriels et tertiaires au détriment des unités centrales. En effet, le développement du pilotage à distance via internet qui permet de dialoguer avec les UTL sans se déplacer, entraîne en parallèle une réduction du nombre de postes centraux. Selon le syndicat ACR, ce type de pilotage rendrait plus accessible l’optimisation de l’efficacité énergétique.

Programmes de rénovation, réglementation de plus en plus contraignante, préoccupation écologique, enjeux énergétique et financier. De nombreuses raisons expliquent, ces dernières années, le développement continu de la gestion technique des bâtiments (GTB). Depuis 2005, ce marché a toujours affiché une croissance modérée mais constante, excepté en 2009, période marquée par la crise économique mondiale. En 2010, la GTB a repris sa marche en avant et a clôturé son année avec un chiffre d’affaires en France en hausse de 4 %, évalué à 77,8 millions d’euros.

Cette croissance serait, selon le syndicat des automatismes de génie climatique et de la régulation (ACR), due en partie à la progression du canal de vente aux utilisateurs. Ces derniers font désormais davantage confiance aux constructeurs et n’hésitent plus à s’adresser directement à eux pour rechercher une solution efficace d’économie d’énergie. En effet, avec la normalisation des protocoles de communication, les utilisateurs ne doutent plus de la capacité du système GTB à évoluer en fonction de leurs besoins, ces technologies de régulation étant devenues standards et interopérables. Par ailleurs, la poursuite de la mise en œuvre des réglementations énergétiques a joué également un rôle important.

Une classification pour plus de transparence

D’après le syndicat ACR, la récente révision de la directive européenne sur la performance énergétique a ainsi eu un impact positif sur la progression de la GTB. L’article 8 reconnaissant en particulier l’importance de cette gestion. Dans le sillage de cette directive, la norme EN NF 15232 a également offert une plus grande transparence des systèmes de GTB aux utilisateurs. ''Cette norme était nécessaire car pour la première fois, un texte décrit clairement les fonctions de la GTB, tout en fournissant une classification des performances énergétiques'', se réjouit Jean-Daniel Napar, président du syndicat ACR.

Cette classification a été établie en fonction des gains potentiels en énergie électrique et thermique de chaque système, et ce, par typologie de bâtiment. Quatre classes ont été définies, de la moins performante à la plus efficiente. Les classes A et B correspondent respectivement aux systèmes d’automation hautement énergétique ou au système avancé qui permettent de réaliser d’importantes économies. La classe C équivaut à la régulation standard et tout nouveau bâtiment devra présenter les fonctionnalités inhérentes à cette catégorie. Enfin, les dispositifs notés D sont peu éco-énergétiques.

Revenue à un niveau comparable à 2008, la croissance de la GTB ne satisfait pourtant pas totalement aux attentes des acteurs du secteur. ''Pour 2010 et les premiers mois de 2011, le recours à la régulation GTB est en dessous de nos prévisions, au vu notamment des nombreuses actions d’économies d’énergie réalisées. Le secteur espère désormais que l’arrivée prochaine de la nouvelle réglementation thermique (RT2012) fera décoller réellement le marché de la GTB'', souligne Jean-Daniel Napar. L’émergence des smart grid basse tension pourrait également faire croître rapidement et de façon importante ce marché. Le système de GTB devenant le support des applications intelligentes de gestion active du bâtiment (Gab).

Clément Cygler

http://www.actu-environnement.com/ae/dossiers/gestion-technique-batiment/gtb-marche.php4