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CLIMAT - Actu-Environnement.com - 07/09/2010
Lancé à l'issue de la conférence informelle de Genève consacrée aux aides pour le climat, un site Internet entend obliger les pays riches à concrétiser leurs engagements. Une question loin d'être réglée, à trois mois de la conférence de Cancún.

Les Nations unies ont lancé vendredi 3 septembre un site Internet 1 destiné à vérifier la concrétisation des promesses d'aide de lutte contre le changement climatique des pays industrialisés, dans une logique inverse à celle du ''name and shame'' (honte à celui dont le nom est inscrit).

Baptisé faststartfinance.org, le site a été dévoilé à l'issue d'une conférence informelle de 46 ministres de l'environnement réunis les 2 et 3 septembre à Genève (Suisse) à l'initiative du pays hôte et du Mexique pour faire le point sur l'aide climatique avant le sommet de Cancún de novembre prochain. L'accord de Copenhague prévoit en effet un fonds d'aide immédiate, dit ''fast-start'', de 30 milliards de dollars pour la période 2010 et 2012, et 100 milliards de dollars d'ici 2020 ''pour répondre aux besoins des pays en développement''.

Point clé de Cancún

Le lancement du site a été salué par le directeur exécutif du secrétariat de la CCNUCC, la Costaricaine Christiana Figueres, qui a qualifié ces financements de court terme de ''point clé de Cancún''. Développé avec le soutien des gouvernements du Costa Rica, Colombie, Danemark, Allemagne, Indonésie, îles Marshall, Mexique, Norvège, Royaume-Uni et Vietnam, le site est hébergé par les Pays-Bas.

Pour le moment, seuls six pays, tous européens - Danemark (165 millions d'euros), France, Allemagne (1,26 milliards chacun), Pays-Bas (310 millions), Norvège (279 millions) et Royaume-Uni (1,8 milliards) - ont détaillé avec plus ou moins de précision leurs promesses de financement.

La France est le seul de ces six pays à ne pas détailler l'origine et la destination des aides promises. ''Le plus grand flou règne actuellement sur les financements climat français, regrette Romain Benicchio, d'Oxfam France, dans un communiqué du vendredi 3 septembre. Sans informations claires, il est impossible d’évaluer si la France a bel et bien rempli les engagements pris à Copenhague. Surtout, elle instille le doute sur la réalité des chiffres qu’elle avance et, au final, sur sa volonté de tenir ses promesses''.

Nouveauté et additionnalité

L'initiative ne règle pas la question de la nouveauté et de l'additionnalité des fonds promis, condition qui figure expressément dans l'accord de Copenhague. Dans une analyse publiée vendredi 27 août, l'agence de presse britannique Reuters relevait que bon nombre des 29,8 milliards dollars d'aide climatique rassemblés par les pays développés provenaient d'anciennes promesses de dons recyclées…

Autre enjeu : les financements promis pour l'horizon 2020. Nommé par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon, un groupe d'experts présidé par le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi et son homologue norvégien Jens Stoltenberg devrait rendre un rapport fin octobre sur la manière de réunir ce fonds.

Le secteur privé devra mettre la main à la poche, a d'ores et déjà prévenu la commissaire européenne à l'Action climatique Connie Hedegaard. ''Utiliser des budgets publics comme source principale pour ces coûts additionnels ne sera pas faisable, en particulier en période d'austérité'', a-t-elle indiqué dans un communiqué du 3 septembre. Dans le collimateur de la commissaire européenne : les marchés du carbone, qui génèrent un énorme flux de transactions, amené à croître dans les années à venir. Selon Connie Hedegaard, le volume total de transactions dans les marchés du carbone mondiaux s'est élevé à 103 milliards d'euros en 2009, dont 89 milliards d'euros pour le marché européen du carbone (ETS). Reste à convaincre les industriels…


Victor Roux-Goeken



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