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Seulement 3% des Français sont attirés par les personnes buvant de l'alcool

Paris, le 24 avril 2018.En tête pour la troisième année consécutive des catégories les plus recherchées sur les sites 

pornographiques [1], les scènes de sexe entre femmes sont-elles plus le pur produit de fantasmes masculins oucorrespondent-elles aux réels fantasmes des femmes attirées par les femmes ? Réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 2 000 personnes, cette étude montre non seulement que l'attirance pour une femme est loin d'être un phénomène majoritaire dans la gent féminine mais aussi que le sexe entre femmes tel qu'il est véhiculé dans la pornographie mainstream ou les films grand public (ex : La Vie d'Adèle) ne correspond pas forcément aux attentes des femmes potentiellement attirées par d'autres femmes.

LES CHIFFRES CLÉS DE L'ENQUÊTE

 

-      Contrairement aux clichés véhiculés par l'industrie du X - tendant à présenter toutes les femmes comme potentiellement bisexuelles -, cette étude montre que l'attirance pour une personne de son sexe reste un phénomène minoritaire dans la population féminine : seules 16% des Françaises ont déjà ressenti du désir pour une autre femme.

-      La reconnaissance d'un désir pour une autre femme est toutefois plus forte dans les catégories de la gent féminine les plus à même de se distancier de la norme dominante de l'hétérosexualité, à savoir les jeunes de moins de 25 ans (20%), les cadres et professions intellectuelles supérieures (18%) ou les femmes affranchies de toute croyance religieuse (20%).

-      Cette enquête montre aussi que ces femmes ne sont pas toujours excitées par les mêmes parties du corps féminin que les hommes. En effet, si les yeux des femmes (36%) sont comme ceux des hommes (38%) - avant tout attirés par les poitrines féminines, leur regard exprime globalement moins d'intentions sexuelles « brutes » que celui des hommes.

-      Alors que le désir masculin semble avant tout attisé par le postérieur féminin (à 25%, contre 15% des femmes) ou d'autres parties du corps plus associées à l'acte sexuel (ex : cuises, jambes, hanches), les femmes s'avèrent quant à elles plus sensibles que les hommes aux parties du visage comme les yeux (16%), la bouche (9%) ou le sourire (5%).

-      La question de l'attirance sexuelle pour des célébrités féminines met à jour plus de consensus : Sophie Marceau s'imposecomme la Française la plus désirable aussi bien aux yeux des femmes (50%) des hommes (70%). Mais les femmesexpriment toutefois plus d'intérêt que les hommes pour les célébrités ayant une présentation de soi plus « masculine ».

-      Connue pour son rôle de lesbienne assumée dans l'Auberge espagnole, Cécile de France s'impose ainsi comme la deuxième personnalité féminine la plus désirable chez les femmessans doute parce qu'elle séduit des femmes bis ou hétéros habituellement sensibles à une présentation de soi socialement codée comme masculine.

-      Interrogées sur ce qui les excite lorsqu'elles imaginent deux femmes faire l'amour, les Françaises se montrent aussi beaucoup moins excitées que les hommes par des pratiques pourtant très présentes dans les scènes de sexe entre femmes visibles dans les films classiques ou pornographiques.

-      C'est par exemple le cas de pratiques anales comme l'anulingus (popularisé par exemple dans la Vie d'Adèle) qui apparaîtplus comme le fruit de fantasmes masculins (32%) que féminins (11%). De même, une pratique comme la pénétration du vagin par les doigts constitue un fantasme beaucoup plus prégnant de la gent masculine (58%) que féminine (24%).

-      En revanche, le cunnilingus constitue chez les femmes la pratique la plus attendue d'une scène de sexe entre femmes (55%), sans doute parce qu'il est encore le parent pauvre des scènes de sexe entre hommes et femmes visibles dans les films Xfilms qui s'avèrent encore trop souvent le fruit d'une vision très phallo-centrée de sexualité.

 

À PROPOS DE L'ETUDE : Etude Ifop pour Référence Sexe réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 27 au 28 mars 2018auprès de 2 001 personnes, constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS DE L'ENQUETE

1)        Les femmes qui aiment les femmes, des Françaises pas comme les autres ?

Aujourd'hui, 16% des Françaises admettent avoir déjà ressenti du désir pour une autre femme. Cependant, les femmes reconnaissant avoir déjà eu ce type de fantasme présentent un profil assez particulier :

 

Zoom sur le profil des femmes ayant déjà ressenti du désir pour une autre femme

 

Au regard des résultats de cette enquête, l'affirmation du désir pour une autre femme s'avère particulièrement forte dans les catégories de la gent féminine les plus à même de se distancier de la norme dominante de l'hétérosexualité

-         L'expression d'une attirance physique pour une autre femme est en effet très prononcée chez les femmes les plus jeunes (20% chez les moins de 25 ans, contre 7% chez les plus de 60 ans), sans doute parce que leur génération fait globalement preuve d'une plus grande acceptation sociale de l'homosexualité.

-         De même, plus elles accumulent des capitaux sociaux ou culturels, plus les Françaises semblent aptes à se distancier des normes dominantes en matière de sexualité : l'expression d'un désir pour une femme s'avère particulièrement forte dans les rangs des diplômées d'un deuxième cycle de l'enseignement supérieur (17%, contre 10% des femmes non titulaires du BAC) ou des cadres et professions intellectuelles supérieures (18%, contre 12% des ouvrières).

-         Enfin, l'éloignement par rapport aux préceptes moraux d'inspiration religieuse semble favoriser l'admissibilité de ce type d'attirance condamnée il est vrai par toutes les religions : la proportion de femmes ayant déjà ressenti du désir pour une autre femme étant deux fois plus élevée chez les femmes les plus affranchies de l'influence de la religion (20% chez les athées) que chez les catholiques pratiquantes (10%).

L'expression de fantasmes lesbiens s'avère également plus répandue dans les rangs des femmes encore vierges ou sujettes au surpoids

-        Comme dans d'autres enquêtes antérieures, on observe aussi que l'attirance pour l'autre sexe est plus fréquente chez les femmes sujettes à l'embonpoint, sachant que ce surpoids est parfois interprété par certaines spécialistes comme une forme de défiance vis-à-vis des attendus sociaux relatifs à la féminité, voir comme un « un possible marqueur identitaire »[2].

-         Enfin, si ce fantasme est élevé chez les Français ayant eu beaucoup de partenaires dans leur vie - pour qui ce type d'expérience peut constituer un moyen de diversification sexuelle -, il est aussi très fort chez les vierges (25%), ce quicorroborerait l'idée selon laquelle l'homoérotisme peut, dans cette période propice à l'incertitude sexuelle qu'est l'adolescence, apparaître comme un moyen « d'explorer ses désirs pour éviter le choc de la pénétration » [3].

 

2)      L'attirance physique pour une autre femme repose-t-elle sur les mêmes facteurs chez lesgents féminine et masculine ?

Les femmes ne sont pas excitées par les mêmes parties du corps féminin que les hommes

-         Certes, comme ceux des hommes, les yeux des femmes sont attirés en premier lieu par les poitrines féminines : 36% des femmes (contre 38% des hommes) ayant déjà eu du désir pour une autre femme déclarent être avant tout excitées par les seins des femmes. Mais si l'on en juge par leur moindre intérêt pour les parties basses du corps féminin, le regard des femmes exprime globalement moins d'intentions sexuelles « brutes » que celui des hommes.

-         En effet, alors que le désir masculin semble avant tout attisé par le postérieur féminin - 25% des hommes sont excités par les fesses d'une femme, contre 15% des femmes - ou d'autres parties du corps plus ou moins directement associées à l'étreinte sexuelle (ex : cuises, jambes, hanches), les femmes sont, elles, plus sensibles que les hommes aux parties du visage : 16% par les yeux, 9% par la bouche, 5% par le sourire et 14% par le visage en général.

 

LES PARTIES DU CORPS FÉMININ SUSCITANT LE PLUS DE DÉSIR

 

3)      L'attirance sexuelle pour des célébrités féminines met à jour moins de différences entre les sexes même si on relève chez les femmes plus d'intérêt pour les personnalités à la présentation de soi plutôt « masculine »

En effet, si Sophie Marceau s'impose comme la Française la plus désirable aux yeux des femmes (50%) comme à ceux des hommes (70%), des différences de gouts entre les deux sexes se manifestent pour les autres personnalités testées.

-         Alors que la deuxième place du podium est occupée chez les hommes par Adèle Exarchopoulos, c'est Cécile de Francequi s'impose comme la deuxième personnalité féminine la plus désirable chez les femmes ayant déjà eu du désir pour une autre femme. Connue pour son rôle de lesbienne assumée dans la trilogie de l'Auberge espagnole, l'actrice belge séduit sans doute les femmes bis ou hétéros habituellement sensibles à un comportement ou une présentation de soi socialement codés comme masculins.

-        Il en est de même pour Léa Seydoux, célèbre pour son rôle de lesbienne initiant une jeune fille à l'homosexualité dans la Vie d'Adèle : elle se hisse à la quatrième place des Françaises les plus désirables chez les femmes (38%) alors qu'elle n'est que 10ème chez les hommes (45%). Ainsi, on retrouverait chez les femmes attirées par d'autres femmes la même tendance observée chez les bisexuels masculins dans de précédentes enquêtes qui montraient qu'ils étaient plus attirés par les hommes fins ou imberbes que par les hommes à l'hexis corporelle très masculine (ex : barbe, musculature,...) [4].

 

LA CÉLÉBRITÉ FÉMININE SUSCITANT LE PLUS DE DESIR

 

4)      Le porno lesbien : un produit culturel qui répond surtout à des fantasmes masculins

Interrogées sur ce qui les excite lorsqu'elles imaginent deux femmes faire l'amour, les Françaises se montrent beaucoup moins excitées que les hommes par des pratiques pourtant omniprésentes dans les scènes de sexe entre femmes visibles par exemple dans les films classiques ou pornographiques.

-        Popularisées dans la Vie d'Adèle, les pratiques anales entre femmes apparaissent ainsi avant tout comme le fruit defantasmes masculins : à peine une femme sur dix se dit très excitée à l'idée de voir une femme lécher l'anus d'une autre femme (11%) ou le pénétrer avec ses doigts (11%), soit une proportion trois fois inférieure à celle observée chez les hommes. De même, une pratique pénétrative comme la pénétration du vagin par les doigts constitue un fantasme répondant beaucoup plus aux attentes de la gent masculine (58%) que féminine (24%).

L

'EXCITATION LIÉE AUX DIVERSES PRATIQUES SEXUELLES ENTRE FEMMES

 

-        En revanche, les pratiques buccogénitales constituent les pratiques les plus attendues d'une scène de sexe entre femmes une majorité de femmes se disant très excitées à l'idée de voir une femme bénéficier du savoir-faire d'une autre femme en matière de cunnilingus (55%)Il faut sans doute voir là une des causes du succès des scènes de sexe entre femmes chez des amatrices de X ne se retrouvant pas forcément dans les scènes entre hommes et femmes qui reflètent encore pour beaucoup une vision très phallo-centrée de sexualité.

               

 


[1] En 2017, « Lesbian » était la catégorie la plus recherchée sur des sites pornographiques comme Pornhub (cf. Voici la requête la plus fréquente sur PornHub en 2017) à la fois parce « qu'il a le mérite d'être l'un des fantasmes principaux des hommes » et de susciter « la curiosité des femmes (hétérosexuelles) ».

[2] Clotilde Genon, Cécile Chartrain and Coraline Delebarre, « Pour une promotion de la santé lesbienne : état des lieux des recherches, enjeux et propositions », Genre, sexualité & société, 1 | Printemps 2009, Online since 09 July 2009

[3] Nicolas Poinsot, « 2015, année de la bisexualité féminine », Fémina, 19 Juillet 2015

 

 

Embargo de diffusion : mercredi 25 avril à 12h00 

 

Paris, le 24 avril 2018. En tête pour la troisième année consécutive des catégories les plus recherchées sur les sites pornographiques [1], les scènes de sexe entre femmes sont-elles plus le pur produit de fantasmes masculins oucorrespondent-elles aux réels fantasmes des femmes attirées par les femmes ? Réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 2 000 personnes, cette étude montre non seulement que l'attirance pour une femme est loin d'être un phénomène majoritaire dans la gent féminine mais aussi que le sexe entre femmes tel qu'il est véhiculé dans la pornographie mainstream ou les films grand public (ex : La Vie d'Adèle) ne correspond pas forcément aux attentes des femmes potentiellement attirées par d'autres femmes.