Les époques changent... et les collaborateurs aussi. Confronté à un environnement en perpétuelle mutation, le salarié de demain devra faire preuve d'une formidable capacité d'adaptation, alors que lui-même évolue en même temps que ses aspirations.

Compétences techniques, aspirations personnelles ou qualités relationnelles, découvrez les différentes facettes des employés de demain.

C'est un entrepreneur innovant

"Le collaborateur de demain devra faire preuve de véritables capacités d'entrepreneuriat, à l'intérieur même de son service", prévient Nicole Verdier-Nave, directrice du développement des dirigeants chez EDF. La réussite d'une entreprise passe par sa capacité à se différencier de la concurrence et à améliorer son offre. C'est le fameux postulat du livre de Kim et Mauborgne qui édicte la stratégie océan bleue, cette remise en question perpétuelle de son positionnement, comme moteur de l'entreprise.

Le collaborateur de demain se trouvera sans cesse dans cette tension créative qui lui permet de bouger les lignes. Pour y arriver, il devra s'attacher à étudier la concurrence et les attentes des clients. En bref, être à l'écoute du marché. "Nous n'hésitons pas à mettre l'accent sur des programmes de formation destinés à les accompagner dans cette nouvelle dynamique", ajoute Nicole Verdier Nave, qui précise qu'"un groupe, aussi grand et complexe soit-il, a besoin de faire bouger les choses."

Sa vision s'étend au-delà de son seul périmètre

Dans une économie mondialisée où une société française peut être amenée à rivaliser avec une rivale chinoise pour s'implanter sur le marché brésilien, avoir une vision qui s'étend au-delà de son champ d'action personnel est devenue indispensable. "Les entreprises opèrent aujourd'hui dans un monde dualiste, coincé entre des exigences globalisées et le besoin de ne pas négliger leurs clients historiques", explique Nicole Verdier-Nave. Réussir à jongler entre les problématiques locales et internationales deviendra prépondérant dans un futur proche.

Son point de vue doit aussi prendre de la hauteur au sein même de l'entreprise. Pour optimiser sa contribution au développement de l'activité, le collaborateur devra comprendre son apport à la chaîne de valeur, la finalité du produit qu'il a participé à fabriquer. Il ne devra pas hésiter à rencontrer ses collègues des autres départements pour comprendre leur mission et leurs besoins.

Il prend conscience de son impact sur l'environnement

Pour une entreprise, l'impact de son activité sur l'environnement devient une préoccupation de tous les instants. "Avec l'émergence d'importants bassins de consommation et de production telle que la Chine ou le Brésil, la facture énergétique grandissante met en évidence l'importance de consommer de manière responsable, confirme Pascal Humbert, directeur mobilité et recrutement de Schneider Electric. Nos collaborateurs doivent apporter leur savoir-faire en la matière."

De manière générale, la prise de conscience générale de la nécessité de préserver l'environnement, affecte tous les secteurs d'activité, à commencer par ceux de l'énergie. "Chez EDF, nous avons aussi mis en place un cycle technologique pour les managers afin de les sensibiliser aux énergies alternatives", illustre Nicole Verdier-Nave. L'ouverture d'esprit à cet égard sera une qualité très appréciée dans un futur proche.

Il a besoin de retours

On ne souligne jamais assez l'importance de la communication dans la relation qui lie un manager et ses équipes. Et cette préoccupation ne faiblira pas dans les années à venir. Au contraire. "On se rend compte que les nouvelles générations demandent de plus en plus de feedback, avance Nicole Verdier-Nave. Elles ont besoin d'obtenir des réponses à leurs questions et n'hésitent plus à challenger leur hiérarchie."

Ce constat souligne l'importance, pour les entreprises, de se doter d'un management qui dispose de moyens de répondre. La crise chez France Telecom l'a prouvé, lorsque la rupture entre la hiérarchie et la base est consommée, renouer le dialogue est compliqué. "Plus que d'un sergent-chef, les collaborateurs auront besoin d'un coach qui les conseillent", conclut Nicole Verdier-Nave. Un avis partagé par Nicolas Jacqmin, directeur en charge de la gestion des cadres chez Alstom, pour qui "l'accompagnement, l'aide et le transfert de compétences doivent prendre le pas sur l'autorité pure."

Il veut réussir sa vie personnelle

Consciente que la génération précédente, celle des baby-boomers, a bien souvent sacrifié sa vie personnelle à la réussite de sa carrière, sans forcément toujours beaucoup de succès, la nouvelle génération a des attentes qui semblaient jusqu'ici difficilement conciliables : assouvir son ambition professionnelle et conserver une vie personnelle riche et active.

"Les entreprises ont bien pris la mesure de telles préoccupations et mettent, de plus en plus, à disposition des salariés des outils tels que le télétravail pour qu'ils puissent passer plus de temps avec leur famille", concède Pascal Humbert. Rester avec ses proches ou voyager quand les distances se rétrécissent deviennent des impératifs envisageables à la seule condition que la vie professionnelle ne prenne pas le pas sur la vie privée.

Il est tourné vers l'international

Les entreprises françaises qui multiplient les échanges commerciaux avec des pays émergents comme la Chine ou le Brésil auront besoin de profils tournés vers l'international pour pouvoir poursuivre leurs activités exportatrices. S'intéresser aux cultures étrangères pour pouvoir s'accommoder des différences de comportements est devenu un sérieux avantage. "De plus en plus, nos jeunes collaborateurs sont ouverts sur le monde et sont plus mobiles, intellectuellement et physiquement, explique Nicolas Jacqmin. Il n'est d'ailleurs pas rare qu'ils aient fait un tour du monde."

Un constat partagé par Pascal Humbert qui ajoute qu'"il ne fait aucun doute qu'un jeune ingénieur parlant chinois ou portugais et ayant effectué un stage dans un pays étranger se démarque grâce à ce pari payant."

Il prend des décisions rapidement

"La rapidité des nouveaux moyens de communication impose une réactivité à toute épreuve", analyse Pascal Humbert. Là où, par le passé, les allers–retours entre différents services ou filiales offraient un laps de temps suffisant pour réfléchir et prendre la mesure des enjeux, un simple coup de fil ou un e-mail peut déclencher le lancement d'un projet.

"Nos collaborateurs sont clairement plus flexibles que par le passé, reconnaît Nicolas Jacqmin. En tant que société de gestion de projets, nous nous devons d'être réactifs et c'est une exigence que partage l'ensemble de nos salariés." Répondre à un brief dans des délais presque impossibles, être disponible pour les requêtes de ses clients, tel sera le quotidien d'un collaborateur qui  aura fort à faire...

Il a besoin de sens dans son travail

On dit souvent que la nouvelle génération est volontiers zappeuse car elle n'associe plus la réussite de sa carrière professionnelle au destin de l'entreprise où elle travaille. De nos jours, un salarié passe rarement plus de cinq ans au sein d'une entreprise.

Cette bougeotte n'est pas tant la conséquence d'une lassitude que de la volonté de trouver un sens à ce qu'il fait. "Notre challenge en tant qu'employeur est de réussir à donner du sens aux actions de nos collaborateurs, confirme Nicolas Jacqmin. A ce titre, leur épanouissement professionnel exige qu'ils partagent les convictions de leur entreprise." Une préoccupation qu'ont bien compris des entreprises toujours plus promptes à communiquer sur leurs valeurs par le biais de leurs campagnes employeurs.

Il a une maîtrise parfaite de son poste

"Encore plus qu'aujourd'hui, le collaborateur de demain devra être un professionnel dans son domaine de compétence", reconnaît Nicole Verdier-Nave. L'exigence d'une telle maîtrise de son poste couplée à la volonté de réduire ses coûts fixes conduit l'entreprise à avoir de plus en plus recours à des consultants ou des freelances, experts dans leurs domaines.

Beaucoup plus flexibles, ce genre de profils va sans doute essaimer à la périphérie des entreprises, séduisant les collaborateurs les plus talentueux, qui préféreront miser sur la perspective de bénéfices importants que sur la sécurité financière du salariat.

C'est un digital native

"Je vais le mettre dans mes flux RSS", "Tu as vu la nouvelle campagne de communication d'Autolib sur Twitter?", "J'ai repéré un bon candidat sur LinkedIn"... Si ces expressions sont encore inconnues d'une partie du monde de l'entreprise, il ne fait guère de doute qu'elles seront bientôt sur toutes les bouches et tous les écrans.

Peu à peu, Internet est devenu le sésame idéal pour réseauter, trouver un emploi ou acquérir de nouvelles connaissances. Etre ouvert sur le monde 2.0 devient peu à peu indispensable pour qui ne veut pas rester sur la touche.

Pascal Humbert est directeur de l'emploi de Schneider Electric.

Nicolas Jacqmin est directeur en charge de l'emploi des cadres chez Alstom.

Nicole Verdier-Nave est directrice du développement des dirigeants chez EDF.

 

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