Tout miser sur son CV quitte à en oublier la lettre de motivation est une très mauvaise idée. En effet, bien argumentée, la lettre est un bon moyen d’attirer l’attention des recruteurs. La preuve avec 8 exemples qui ont convaincu des pros du recrutement.

 1. « Vous êtes à la recherche d'une assistante trilingue, français/anglais/espagnol, maîtrisant les logiciels de bureautique de base. Je me permets de vous contacter car je pense être la bonne personne pour ce poste. »

Cette accroche est « classique, mais efficace », annonce d’emblée Christelle Conte, consultante en recrutement chez

Manpower. L’attaque est ici primordiale : en reprenant les mots-clés de l’annonce, elle titille le recruteur. La consultante trouve ces phrases dynamiques : « j’aime bien l’alternance entre le “vous” et le “je”, ça donne du rythme », juge-t-elle. Sur la forme, elles montrent également que le candidat a les compétences requises pour le poste.

  2. « J’imagine déjà votre réaction en lisant mon CV : encore un candidat qui s’est trompé d’annonce. Et bien non, ma candidature est réfléchie. »

Avec une entrée en matière directe, cet ingénieur qui se positionne sur un poste de commercial a « tapé dans le mille », considère Eric Hauptmann. Le dirigeant du cabinet Solution RH estime qu’il a eu la « clairvoyance de préciser que sa démarche est motivée et qu’il va expliquer pourquoi il veut se reconvertir. Sans ça, son CV serait parti à la poubelle… » En cas de candidature atypique, mieux vaut « le dire d’emblée, en enchaînant rapidement sur sa valeur ajoutée malgré l’inexpérience. »

  3. « J'ai appris que vous alliez créer une filiale pour votre cible seniors et j'aimerais vous convaincre de me confier la responsabilité de la future direction administrative et financière de cette entité. »

Dans le cadre d’une candidature spontanée, « il faut apporter une solution que l’entreprise n’a ni imaginée ni concrétisée », précise Louis Grümmer, fondateur du cabinet Abc for value. En l’occurrence, « le candidat est ici bien renseigné et on sait d’emblée à quoi s’attendre. Sa démarche est directe. Dès l’introduction, on découvre ce qui le motive à écrire. »

  4. « Pragmatique, j'ai su m'appuyer sur mon relationnel, ma force de conviction et ma motivation pour mener à bien les projets qui m'étaient confiés et y faire adhérer les acteurs de l'entreprise. »

Ici, le candidat mise sur un lexique convaincant. Comme l’explique Éric Hauptmann : « le vocabulaire employé dans cette phrase est intéressant car il reprend les mots clés à la mode du communiquant. » Attention toutefois à ne pas trop abuser de ces « mots sésames » censés taper dans l’œil des recruteurs. « Il faut rester pertinent par rapport au poste, en essayant toujours de montrer que les compétences qu’on évoque sont transposables. »

 5. « Je pense qu'un développement rapide pourrait être envisagé grâce à une politique éditoriale claire et généraliste, associée à une charte graphique ambitieuse. »

Le candidat, qui vise ici un poste de responsable web, semble s’être informé avant de répondre à l’annonce. « Dans l’absolu, c’est plutôt positif. Il se positionne, en se projetant dans ses futures fonctions, signale Christelle Conte. Mais c’est aussi risqué car il a de grandes chances de tomber à côté de la plaque », poursuit-elle.

  6. « Il va de soi que je serai ravi de vous rencontrer pour vous convaincre des arguments qui appuient ma demande. »

Il faut toujours conclure sa lettre en sollicitant une entrevue. « Il ne s’agit ni de fayoter, ni de se complaindre et encore moins de forcer la main de son interlocuteur, explique Éric Hauptmann. Cette phrase sonne comme une évidence. Elle a une tournure simple et efficace, tout en restant volontaire. Elle emploie un verbe du 1er groupe synonyme d’action et des termes positifs comme “convaincre” et “arguments”. C’est limpide… », conclut-il.

  7. « Je serai heureux de discuter avec vous de mon adéquation avec le poste. Dans cette perspective, je me permettrai de vous appeler dans la semaine du 10 septembre afin de convenir d'un rendez-vous. »

La demande d’entretien de ce candidat est « directe et va droit au but », souligne Louis Grümmer. L’objectif - décrocher une entrevue - a selon lui de grandes chances d’être atteint. « Le candidat ne laisse pas trop le choix au recruteur. Il met un pied dans la porte en prenant l’initiative », constate le consultant, qui ne s’offusque pas du procédé. « Il faut savoir ce que l’on veut », opine-il.

  8. « Je vous prie, Monsieur M. , d'agréer l'expression de mes salutations distinguées. »

Pour la formule de politesse, mieux vaut jouer la carte de la sobriété et s’en tenir aux banales mais néanmoins efficaces “salutations distinguées”. « Présenter ses hommages ou témoigner son respect est inopportun », précise Christelle Conte, qui note ici « un vrai bon point » : le candidat a pris le soin de « personnaliser sa lettre en l’adressant à quelqu’un en particulier ».

 Geoffrey Dirat © Keljob – Août 2011

http://www.keljob.com/conseils-emploi/chercher-un-emploi/conseils-lettre-de-motivation/lettre-de-motivation-les-meilleures-phrases-pour-convaincre.html