Merci Pierre Jean Llorens pour le partage de cet article :

Titrisation

http://www.lafinancepourtous.com/Decryptages/Mots-de-la-finance/Titrisation

La titrisation est une technique financière qui transforme des actifs peu liquides, c’est-à-dire pour lequel il n’y a pas

véritablement de marché, en valeurs mobilières facilement négociables comme des obligations. 

Chaque investisseur acquiert en quelque sorte une fraction du portefeuille d’actifs titrisés, sur la base des flux financiers futurs des actifs, qui garantissent le remboursement des obligations.

Née aux Etats-Unis dans les années 70, cette technique a d’abord été utilisée par les banques pour consentir davantage de crédits. Plus tard, elle a permis aux banques de se débarrasser partiellement des mauvais risques.

En effet, aux USA comme en Europe, les banques ne peuvent accorder de crédits que dans une certaine proportion de leurs propres ressources. Pour distribuer plus de crédits, les banques américaines ont donc commencé à céder des créances, pas toujours les meilleures, à les  sortir de leur bilan , ce qui mécaniquement leur redonnait des possibilités de consentir de nouvelles lignes de crédit. 

Au fil du temps, la technique s’est sophistiquée ; entre la banque et l’investisseur qui achète ces créances, s’est interposée une société ad hoc, qu’on appelle des termes anglais  Special Purpose Vehicle ou Company  (SPV ou SPC), et les différentes créances ont été mélangées à des titres de meilleure qualité servant de réserve en cas de défaillance.

Les opérations peuvent se classer selon les actifs sous-jacents, c’est-à-dire qui composent le portefeuille. Vous entendrez peut-être parler d’ABS. En dehors du réputé système de freinage, il s’agit du terme générique de la titrisation (Asset Backed Securities) qui exprime que les titres (securities) sont adossés (backed) à des actifs (asset). 

Selon ce qu’on met dans les véhicules de titrisation, ils s’appellent CDO (Collateralised Debt Obligation), CBO (Collateralised Bond Obligation, adossé à des obligations), CLO (Collareralised Loan Obligation, adossé à des crédits à des entreprises)…

Mais tout est titrisable : les crédits classiques, les créances commerciales, les loyers d'actifs mobiliers ou immobiliers, les royalties, à peu près tout actif ou droit dont on peut raisonnablement prévoir les flux financiers futurs.

En 2006, le montant global des émissions de titrisation en Europe était de 452 milliards € contre 78 milliards en 2000. Les émissions américaines représentaient environ le double.

La crise des subprimes d'août 2007 a mis en lumière certaines dérives dans l'utilisation de la titrisation des créances immobilières aux États-Unis. 

On a mis en cause la mauvaise qualité des créances titrisées, la mauvaise liquidité de ces titres, le travail des agences de notation ainsi que le principe même de la titrisation qui ne permet pas toujours d’avoir une vision claire de la situation des débiteurs (eux-mêmes mal identifiés) et des risques réellement pris.

Les emprunteurs ne s’en apercevront pas. Mais la titrisation, mise au banc des accusés après la crise des subprime, est de retour. 

Elle devrait inciter les banques à prêter davantage. Le Crédit agricole prépare une opération.

http://immobilier.lefigaro.fr/article/pourquoi-les-banques-vont-revendre-vos-credits-immobiliers_20655546-d3c5-11e4-b6a6-7a21ad5a7b64/

La titrisation fait peur depuis les subprime, mais les banques françaises y reviennent peu à peu, à l’image du Crédit agricole, qui va y recourir pour les crédits immobiliers. En elle-même, cette technique financière n’a en effet rien de diabolique. La banque se contente de mettre sur le marché, sous forme de titres, les créances qu’elle détient sur les emprunteurs.

Des fonds, d’autres banques ou des investisseurs institutionnels (français ou internationaux) par exemple vont acheter sur le marché ces titres pour profiter de la rémunération qu’ils offrent (soit peu ou prou les taux intérêts des crédits immobiliers). Mais ils en supportent aussi les risques et peuvent même tout perdre si les emprunteurs ne remboursent pas.

Les subprime qui ont déstabilisé le système financier mondial en 2007 correspondaient aux emprunts des ménages américains les plus pauvres, qui ont été pris à revers quand les prix de l’immobilier se sont effondrés aux États-Unis. La valeur totale de leur logement était devenue inférieure au capital à rembourser sur le prêt. Beaucoup ont fait défaut, et les investisseurs qui avaient acheté ces crédits titrisés ont enregistré de très lourdes pertes.

Les banques améliorent ainsi leur solvabilité

La crise financière avait donc donné, même en Europe, un coup d’arrêt à ces pratiques. Mais le Crédit agricole a de bonnes raisons d’y recourir, pour un portefeuille d’environ 11 milliards d’euros. En titrisant ces crédits, la banque verte les fait en effet sortir de son bilan. Elle améliore sa solvabilité, au regard de la réglementation européenne.

C’est pour cette raison que les autorités, notamment la Banque centrale européenne, encouragent le retour de la titrisation en Europe. Elles espèrent, si les crédits ne pèsent plus autant sur la solvabilité des établissements bancaires, que ces derniers les accorderont plus facilement. Ce qui serait bénéfique à la croissance économique. En France, la législation s’est par exemple récemment assouplie pour les assureurs, qui ont été autorisés à investir sur les crédits titrisés.