Grand merci à Pierre Jean Llorens pour cet article :

Le RAID, le GIGN et la BRI étaient en première ligne lors des prises d'otages de Vincennes et Dammartin-en-Goële. Mais quelles différences existe-t-il entre ces groupes 

 

Les trois groupes, érigés en héros par certains après leurs interventions réussies à Vincennes et Dammartin-en-Goële, participent à des actions similaires, mais gardent leur pré carré. Explications

GIGN

Le GIGN, comme son nom l’indique, dépend de la gendarmerie GIGN est l’acronyme de groupement d’intervention de la gendarmerie nationale.

Ce groupement d’intervention a été officiellement créé en 1974, sous l’égide du lieutenant Christian Prouteau. la décision de créer une telle formation fait suite à la prise d’otages de la délégation Israélienne au JO de Munich, en 72.

À l’origine scindé en plusieurs groupes locaux ou spécialisés, le GIGN est réorganisé en 2007, et inclut désormais les brigades de protection présidentielle et les unités d’élites de parachutistes créées entre-temps.

Au total, en comptant l’état-major et les sections auxiliaires, ce groupement est composé de 380 hommes. La section d‘intervention proprement dite est composée de 100 hommes (obligatoirement âgée de moins de 40 ans).

Lors des prises d'otages qui ont suivis les attentats à Charlie Hebdo et Montrouge, le GIGN est intervenu à Dammartin-en-Goële (commune de 8 000 habitants et donc placée en zone Gendarmerie). Auparavant, il était notamment intervenu lors de la prise d’otages sur le vol AF 8969 à Marignane, en 1994, ou à Djibouti en 1976.

RAID

Le RAID est une entité dépendante de la Police nationale. Le nom de cette section, évocateur en lui-même, est l’acronyme de Recherche, assistance, intervention, dissuasion.

Il a été créé en 1985 par Robert Broussard, préfet, et Ange Mancini, commissaire de police. Il a été conçu pour être l'équivalent policier du GIGN de la gendarmerie. Le RAID est composé de 168 hommes (y compris l’état-major). 

Chaque policier y servant doit être âgé de moins de 40 ans (45 ans pour l’état-major)

Entité nationale, il peut être amené à supplanter les GIPN (Groupement d’intervention de la police Nationale) si une situation particulièrement critique nécessite son emploi dans la zone Police (villes de plus de 20 000 habitants).

C'est le RAID qui est intervenu lors de la prise d'otage du supermarché Cacher de Vincennes. Avant ça, le RAID avait également mené l’assaut contre Mohammed Merah en 2012 ou encore participer au négociation lors de la prise d’otages par Human Bomb, à Neuilly-sur-Seine, en 1993

BRI

La BRI est une section dépendante de la Préfecture de Police de Paris. BRI est l’acronyme de Brigade de Recherche et d’intervention.

Comme son nom l’indique, la BRI est un des rares services de police à cumuler les fonctions judiciaires (filatures, collecte de preuves) et les fonctions d’interventions spéciales sur le terrain (le Raid, lui, est interdit de tout suivi judiciaire des affaires dans lesquelles il est impliqué).

Elle est l’héritière de la section recherche et intervention créée en 1966, auquel a été adjoint une brigade « anticommando » suite à la prise d’otage au JO de Munich en 1972.

La brigade est spécialisée dans la lutte contre le grand banditisme et le terrorisme, d’où le nom de « Brigade antigang » qu’on lui donne parfois.

Elle compte, au total, 130 hommes, dont 70 pour la brigade anti-commando.

La BRI est intervenue aux côtés du RAID lors de la prise otage du supermarché Cacher de Vincennes. Auparavant, elle était déjà intervenue lors de la prise d’otages de 1981 au Consulat de Turquie.

Une coopération historique

Les deux prises d’otages simultanées, à Vincennes et Dammartin-en-Goële, ont obligé ces trois entités à coopérer comme rarement, loin du conflit traditionnel entre police et gendarmerie.

Par exemple, les policiers du RAID ont participé à la traque des deux meurtriers de Charlie Hebdo tant qu’elles étaient circonscrites à Paris (zone police) mais ont passé le relais au GIGN à Dammartin-en-Goële (zone gendarmerie).

De même, les différents corps ont dû coordonner leurs interventions, étant donné que le forcené de Vincennes avait lié le sort des otages à celui réservé aux deux frères retranchés à Dommartin-en-Goële. Après l’assaut donné par le GIGN en Seine-et-Marne, le RAID et la BRI ont vite dû réagir, ce qui explique la quasi simultanéité des deux attaques.