http://blog.h-et-l.com/lundi-de-pentecote-journee-de-solidarite-les-tendances-et-transparences/

2004 / 2014 : Voilà déjà dix ans qui ont sonné pour cette mesure en faveur des personnes âgées et handicapés. En 2013, la Ministre déléguée en charge de ce dossier, Michèle Delaunay, forçait l’attention en annonçant l’extension de ce dispositif (qui a déjà frappé les retraités imposables). Les cibles : les artisans et professions libérales. Il faut dire que

depuis quelques années, cette journée de solidarité fait couler beaucoup d’encre. Les polémiques se disputent l’usage des fonds, les réserves, sans pour autant en réclamer la transparence. Alors petit rappel.

2003 : la canicule. Se retrouvent au rang des victimes de ces chaleurs exceptionnelles les individus âgés, les personnes en perte d’autonomie dont les handicapés. Cette situation exceptionnelle a démontré des manquements quant aux prestations d’aide à ces personnes en difficulté. Le gouvernement choisit alors le lundi de Pentecôte 2004 comme jour travaillé et non chômé, au nom de la solidarité nationale. Concrètement, les salariés travaillent une journée de plus sans avantage supplémentaire. Pour faire jeu égal, les employeurs versent 0,30 % de la masse salariale brute. Très controversé, le lundi de Pentecôte retrouva en 2008 son jour chômé. Les entreprises fixent elles mêmes désormais la journée de solidarité en fonction de leurs impératifs. L’organisme receveur de ces contributions solidaires se nomme la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). D’autres sommes sont également récoltées pour alimenter cette caisse. Il s’agit des revenus des placements et du patrimoine. L’épargne populaire quant à elle n’est pas concernée.

18,6 milliards d’euros : montant de la collecte depuis 2004. Cela constitue, chaque année, 2,4 milliards d’euros versés au titre de cette journée solidaire pour l’autonomie. La Caisse (CNSA) reverserait l’équivalent de 40 % au profit des personnes handicapées et 60 % reviendraient aux personnes âgées. Ces fonds sont destinés à aider ce public par des prestations de service. Mais qu’en est il exactement de ces reversements ? Tous les crédits sont ils bien distribués chaque année ou reste t il des réserves et si oui de combien ? Comment et pourquoi ? Pour quels types d’aide à la personne ? Un certain flou artistique sème le trouble sur l’exacte affectation de ces sommes récoltées. Certaines associations dénoncent des réserves alors que les besoins ne cessent d’augmenter. Qu’en est-il vraiment ? Certains professionnels s’interrogent sur un certain manque de clarté à ce sujet.

Balance budget et besoins

Les besoins augmentent chaque année, les sommes allouées s’amenuisent
Indéniablement, tous les fonds dispensés actuellement ne couvrent pas les besoins croissants. L’évolution démographique entre autre chose en est une preuve criante. Les recensements réguliers le démontrent. Or ces derniers existent précisément pour apprécier les besoins d’une population en permanente évolution. Alors comment comprendre l’inadéquation entre ces deux données ? Les plans d’aide ne progressent pas, ne s’améliorent pas. Optimiser les prises en charge, forfaitiser les prestations, adapter les aides : voilà des mesures qui pourraient bien se satisfaire des réserves non utilisées si tel était le cas. Comment savoir ? Maintenir ce qui existe serait le minimum de solidarité à exiger mais cela ne suffira pas pour couvrir les besoins croissants. Affecter toutes ces sommes par une meilleure prise en charge reviendrait à allouer solidairement ces contributions si précieusement récoltées. Voilà ce qu’une telle journée de solidarité nationale devrait viser comme objectif : débloquer des sommes pour augmenter les aides, le nombre d’heures de prestations aux bénéficiaires. N’est ce pas le but de cette mesure ? Alors le «bien vieillir chez soi et à domicile » n’aura jamais aussi bien porté son nom.

 

Claire Mollien

Web rédacteur pour la Société H&L à Vienne 38