850 ans d’Histoire

            par Jean-Charles VOGLEY

            180 pages - 16 x 21 cm – quadri - 22 €

 

            >en librairie le 4 juin

Foisonnante est la monographie en langue française consacrée à l'histoire du secteur de l’ameublement,

envisagée à travers les hommes, les entreprises, leurs clients, leurs rapports intimes aux  arts décoratifs et aux styles, aux techniques de production, à la valeur et aux usages du mobilier. Avec une dernière publication dédiée -L’industrie du meuble en France, par Paule GARENC (PUF)- datée de 1958, l’histoire économique de l’ameublement français, de ses production, distribution et consommation et de leurs conditions, sur la longue durée, demeure en revanche peu étudiée. Le caractère longtemps artisanal du secteur explique sans doute pour partie ce désintérêt prolongé. L’absence en son sein de dynasties familiales suffisamment durables et significatives (contrairement à la sidérurgie ou au textile) a par ailleurs probablement constitué un frein aux préoccupations de notoriété et de pérennité.

Jean-Charles VOGLEY remédie à ce défaut documentaire, en proposant un panorama inédit dans ses contours, son amplitude temporelle -du XIIème au début du XXIème siècle-, son spectre géographique, entre capitale et foyers régionaux, au plus près des réalités des hommes et des entreprises.

Nombreuses illustrations, notamment extraites des archives de la Revue de l'ameublement et du Courrier du meuble, encadrés focus : Une synthèse de référence, aussi précieuse qu'unique, à l’intention des professionnels -mais également des étudiants et apprentis- des métiers d'art, de l’ameublement et du design, de la conservation / restauration, comme du plus large public amateur de mobilier ancien / vintage, féru d’artisanat, curieux ou passionné de patrimoine culturel et d’histoire économique.

Pour appréhender la filière dans son ensemble, en perspective, à la lumière de son histoire -faite de constantes et récurrences, ponctuée de crises-, et en saisir les spécificités et enjeux passés et actuels.

Jean-Charles VOGLEYest secrétaire général de la Fédération française du négoce de l’ameublement et de l’équipement de la maison (FNAEM). Originaire des Vosges, diplômé en droit européen (Centre universitaire européen) et en gestion (Institut d’administration des entreprises), ancien délégué régional de l’Union nationale des industries françaises de l’ameublement (UNIFA), il est par ailleurs membre de la Société d’Histoire de la Lorraine.

EXTRAITS DU SOMMAIRE

>AU SERVICE DES COURS ET DE LA NOBLESSE (XIIe siècle-1789)

-L’ameublement au Moyen Âge

-l’émancipation de la profession

-L’émergence d’un marché du luxe

-Les fabricants libres et les corporations

-Les apports étrangers

>LA DÉMOCRATISATION DU MEUBLE (1800-1950)

-Une consommation de meubles croissante

-Grandeur et déclin du faubourg Saint-Antoine

-La faiblesse chronique de la production artisanale

-L’apparition d’une distribution spécialisée

>L’ÂGE D’OR DE L’ÉCONOMIE DE PRODUCTION (1950-1980)

-Les innovations techniques

-Le vouloir d’achat des Trente Glorieuses

-Une industrialisation tardive et partielle

>UNE ÉCONOMIE DE DISTRIBUTION (1980-2012)

-La "bascule" du marché et ses conséquences

-La mondialisation de l’économie de l’ameublement

RESUME DU LIVRE

Du Moyen Âge à la Révolution, des artisans du bâtiment utilisent de nouveaux matériaux et élaborent des techniques de fabrication de meubles et de décoration toujours plus sophistiquées, s’émancipant progressivement de la menuiserie et de la charpenterie. Émerge ainsi une série de métiers spécialisés (menuiserie, sculpture sur bois, intarsia puis marqueterie, ébénisterie) assis chacun sur un corpus propre, qui constituent au fur et à mesure une véritable profession, laquelle, stimulée par d’importants apports étrangers, porte à sa quintessence, au 18ème siècle, un savoir-faire français au premier rang mondial du style, de la notoriété, de l’excellence.

À côté des ateliers royaux, artisans libres du faubourg Saint-Antoine -exerçant hors du régime corporatif- et membres des corporations, installés dans la ville, se disputent l’activité de production, entretenant une rivalité permanente jusqu’à l’abolition des corporations en 1791. Fabrication et distribution se trouvent alors confondues, dans un marché du luxe très majoritairement concentré à Paris. Jusqu’au milieu du 19ème siècle, en effet, le meuble reste un bien de qualité, assez rare et toujours cher, pour l’essentiel commandé par les cours et les membres de l’aristocratie et du haut clergé, auxquels s’ajoute la frange la plus aisée de la bourgeoisie d’affaires et les parlementaires.

Démocratisation de l’ameublement, apparition d’un marché de grande consommation : Après les crises de la Révolution et de l’Empire, la demande de meubles s’accroît constamment, s’étendant d’abord à la bourgeoisie puis aux couches populaires, tirée notamment par l’enrichissement consécutif à la révolution industrielle.

Pour y répondre, les fabricants délaissent le faubourg Saint-Antoine -qui amorce un déclin inexorable à partir de 1870-, implantant de multiples ateliers sur l’ensemble du territoire (industrie du siège, foyers industriels historiques -Lyon, Bordeaux, Nord, Marseille- ou spécialisés -Limoges, Pyrénées, Montbéliard…-), le plus souvent hors des principales agglomérations donc géographiquement éloignés des clients. En voie de mécanisation, la production française conserve cependant, contrairement à celle des pays voisins, une dimension très artisanale -d’où sa faible productivité-, ne s’engageant pas véritablement dans la création d’un outil industriel moderne suffisamment compétitif pour faire face à la concurrence étrangère.

Une distribution spécialisée -marquée par le rôle majeur des grands magasins, les enseignes Barbès et Lévitan- se fait jour dans les années 1860, fabrication et distribution évoluant désormais séparément.

La période suivante voit, au cours des décennies 1945-1965, l’avènement d'un style de meubles modernes (mobilier de cuisine, effervescence stylistique des années 1960-1970), autorisée par la mise au point de nouveaux matériaux (acier, bois et ses dérivés, plastiques) et conjuguée avec des innovations majeures en matière de productique.

La desserte d’un marché de plus en plus homogène, à l’échelle du pays, à la mesure de l'explosion de la demande des Trente Glorieuses, bouleverse la distribution puis la fabrication, marquées par l’émergence d’acteurs de taille nationale.

Une distribution moderne (zones commerciales, centrales d’achat, enseignes) propose des prix plus accessibles et offre une disponibilité rapide.

La fabrication quitte quant à elle partiellement le stade artisanal et principalement régional, sans cependant atteindre le degré d'industrialisation de ses principaux concurrents étrangers ni l’intensité capitalistique et la productivité des autres secteurs industriels, du fait de puissants freins.

Si à l'issue des presque trois décennies (1955-1980) qui font figure d’"âge d’or" la filière atteint son apogée en termes de marché et d'effectifs salariés, elle connaît à partir de 1980 de profonds bouleversements structurels.

La consommation hexagonale décroît significativement puis stagne, le marché, toujours plus concentré, passant d'une phase d'équipement à une phase de simple renouvellement.

Approvisionnements, implantations de magasins : les distributeurs, influencés par l'enseigne suédoise Ikea, s'adaptent en se concentrant, en pratiquant une politique de prix bas et en s'internationalisant.

Restructurations de l'appareil de production, efforts de productivité, délocalisations, politique de marque et diversification de clientèle, développement des exportations : frappés par l’affaiblissement de la production, les fabricants s’efforcent de suivre, parvenant à maintenir en France, pour certaines familles de produits, une capacité modernisée. Pénalisés par l'importance de la main d'œuvre dans le coût de fabrication, ils subissent néanmoins de plein fouet la concurrence asiatique et est-européenne à partir de 2000, dans un contexte de mondialisation des échanges.

Description : Eyrolles SA

Eva TEJEDOR
Responsable marketing

Secteurs Maison, Jeunesse, Artisanat

et Loisirs créatifs
+33 (0)1 44 41 46 21
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