Altares

Altares présente les comportements de paiement des entreprises en France et en Europe au 4ème trimestre 2013

En France, les très petites entreprises montrent l'exemple

En Europe, retour à la situation de 2009 avec 14,8 jours de retard

 

Nanterre, le 10 février 2014 - Altares-D&B, membre du réseau Dun & Bradstreet, 1er réseau international d'informations BtoB, présente son étude trimestrielle sur les comportements de paiement des entreprises en France et en Europe au cours du 4ème trimestre 2013.

« Le nombre de 12 jours qui régit la relation interentreprises en France, semble gravé dans le marbre. Depuis 2006, la crise n'y a rien changé, les entreprises françaises règlent leurs factures  avec un retard moyen de 12 jours.» commente Thierry Millon, Responsable des études chez Altares.

En France

Seulement 32% des entreprises françaises respectent la date d'échéance

Les entreprises françaises restent championnes en Europe des petits retards de paiement. 37,1% règlent leurs factures avec un à quinze jours de retard. C'est près de 10 points au-dessus de la moyenne européenne (27,5%). En conséquence, moins d'une entreprise sur trois (32%) respecte la date d'échéance (40,9% en Europe). Ce taux est néanmoins en hausse sensible sur le dernier trimestre 2013, et au plus haut depuis plus d'un an.

COMPORTEMENT DE PAIEMENT DES ENTREPRISES EN FRANCE

Tranches de jours de retard

2012 T4

2013 T1

2013 T2

2013 T3

2013 T4

Paiements effectués sans retard

31,5%

31,2%

31,7%

30,6%

32,0%

Retards inférieurs à 15 jours

36,6%

36,8%

36,7%

37,4%

37,1%

Retards de 15 à 30 jours

26,3%

26,4%

26,2%

26,6%

25,7%

Retards supérieur à 30 jours

5,6%

5,6%

5,4%

5,4%

5,2%

Nombre de Jours de retard

12,1

12,3

12,0

12,1

11,9

Les TPE montrent l'exemple

Ce sont les plus petites entreprises, les artisans ou commerçants n'employant aucun salarié, qui fournissent le meilleur effort. En fin d'année 2013, 43,3% réglaient leurs fournisseurs sans aucun retard, soit 4,2 % de plus qu'en été. Ces micro entreprises restent, cependant, fragiles ; près de 7% d'entre-elles reportent leurs paiement de plus d'un mois.

« L'entrepreneur individuel n'est pas armé, même s'il le souhaitait, pour jouer du crédit fournisseur. S'il dispose de la trésorerie suffisante, il paye ses factures. Dans le cas inverse, le retard de paiement peut vite déraper et dépasser le seuil des trente jours significatif d'un risque de défaut sérieux. L'amélioration sensible des comportements de paiement de ces entrepreneurs est donc encourageante quant à leur niveau de trésorerie. Le bilan annuel Altares des défaillances d'entreprises observait déjà ce début d'année un recul du nombre de dépôts de bilan de cette catégorie d'entreprises. » note Thierry Millon.

Les TPE de 1 à 9 salariés donnent elles-aussi des signes de légère amélioration avec la proportion de retards supérieurs à quinze jours (29,6%) qui baisse de 1%.

Sur les PME de 10 à 49 salariés, les tensions sont encore fortes. Le taux de PME respectant les dates de facture ne s'améliore pas (22,46% soit -0,01% !).

« Le début d'année est souvent l'occasion pour les entreprises de définir avec leurs partenaires bancaires les lignes de crédit dont elles auront besoin tout au long de l'année pour financer leur exploitation. L'absence d'amélioration des comportements de paiements des PME tend à montrer que l'assouplissement des conditions d'accès au crédit sera cette année encore au cœur des vœux exprimés par les PME. » ajoute Thierry Millon.

Les ETI et Grandes Entreprises sont moins vertueuses. A peine 8% règlent leurs fournisseurs et sous-traitants dans les délais prévus ; environ 60% retardent les paiements de 1 à 15 jours. Attentives à la gestion de leur cash, ces structures sont dotées d'outils de pilotage de leur chaine de facturation généralement plus sécurisés mais aussi plus contraignants.

Bâtiment et commerce de détail s'améliorent...

L'ensemble des secteurs s'inscrit sur des tendances mieux orientées mais ce sont principalement sur le bâtiment et le commerce de détail que les améliorations sont les plus visibles. A l'image des efforts portés par les artisans et commerçants, dans ces deux activités qui concentrent de nombreuses micro-entreprises, la proportion de règlements effectués sans retard gagne plus de 2 % en trois mois (respectivement 45,2% et 35,4%).

... et les services à la personne et la restauration se dégradent

A l'inverse, les comportements de paiement se dégradent dans les activités de services à destination du consommateur. C'est le cas des activités de coiffure et soins de beauté où le taux de factures payées dès l'échéance tombe sous les 30%. Le délai s'allonge aussi dans la restauration (17,5 jours) où près d'une entreprise sur dix règle ses fournisseurs avec des retards supérieurs à trente jours.

« Ces deux activités ont fortement subi la panne de consommation des ménages en 2013 et enregistré des dépôts de bilan en augmentation respectivement de 13 % et 7 %. » rappelle Thiery Millon.

Les services BtoB connaissent une légère amélioration...

Dans les activités de services à destination de l'entreprise les tendances sont globalement meilleures. Cependant, le transport routier de marchandises conserve des indices relativement bas, avec seulement 20,4% des transporteurs qui payent leurs fournisseurs sans retards. Ce taux n'est guère plus haut (24,2%) dans les métiers de l'information et de la communication.

... tandis que l'Industrie peut mieux faire

C'est dans l'industrie que les petits retards sont les plus fréquents. 43,3% des industriels décalent le paiement des factures de un à quinze jours, c'est 6% au-dessus de la moyenne de l'ensemble des secteurs. Dans l'industrie, les grands retards, supérieurs à trente jours, sont en revanche moins nombreux qu'ailleurs (4,3 % contre par exemple 7,1% dans les services). Le retard moyen se stabilise ainsi à 11 jours dans l'industrie.

Toutes les régions donnent des signes d'amélioration

Pour huit d'entre-elles, les entreprises présentent des retards de paiement inférieurs à 10 jours : Auvergne, Basse-Normandie, Bretagne, Centre, Franche-Comté, Limousin, Pays-de-la-Loire et Poitou-Charentes. En revanche, les retards sont supérieurs à 12 jours en Corse, Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais et Provence-Alpes-Côte-D'azur.

En Europe

Une entreprise sur dix retarde ses paiements de plus de trente jours.

A 14,8 jours, nous revenons à la situation de crise de 2009 (14,9 jours).

La France au pied du podium européen


Europe T4_2013.png

Sur le dernier trimestre 2013, ce délai s'améliore à peine et tombe juste sous ce seuil à 11,9 jours. Cela laisse la France au pied du podium en Europe, derrière la Belgique (10,9 jours), les Pays-Bas (9,4 jours) et l'Allemagne (6,2 jours). Les retards sont historiquement hauts en Italie (21,2 jours) et encore élevés en péninsule ibérique (17,9 jours en Espagne et 32,4 jours au Portugal). Le Royaume-Uni (16,4 jours) et l'Irlande (18,5 jours) s'inscrivent également en dégradation.

La moyenne européenne dérape à 14,8 jours.

En début d'année 2012, à peine plus de 8% des entreprises européennes réglaient leurs fournisseurs avec des retards supérieurs à trente jours. Elles signaient là leur meilleure performance depuis cinq ans. Deux ans auront suffi à anéantir tous les efforts. Désormais, plus d'une entreprise sur dix décalent leurs règlements de plus de trente jours. C'est le pire ratio depuis 10 ans. Il n'est pas étonnant dans ce contexte que le retard moyen soit lui aussi sur des plus hauts. A 14,8 jours, nous revenons à la situation de crise de 2009 (14,9 jours).

COMPORTEMENT DE PAIEMENT DES ENTREPRISES EN EUROPE

 

T1

2012

T2

2012

T3

2012

T4

2012

T1

2013

T2

2013

T3

2013

T4 2013

Pourcentage de règlements effectués avec plus de 30 jours de retard

8,06%

8,19%

8,85%

8,88%

9,07%

9,53%

9,79%

10,1%

Retard moyen de règlement (en jours)

13,2

13,4

13,7

13,6

13,8

14,3

14,6

14,8

Le sud de l'Europe concentre l'essentiel de cette dégradation. En Italie, 17,5% des entreprises italiennes retardent leurs paiements de plus d'un mois, un taux quasi historique. Il y a seulement trente-six mois, le ratio était de 10,7%. Au Portugal, la proportion de grands retards reste très élevée (25,5%). L'Espagne qui était encore à 17% fin 2011 est tombée sous les 13% depuis l'été dernier.


COMPARAISON DELAI PAIMNT EUROPE.jpg
« Ces grands retards des pays du sud sont d'autant plus dommageables pour les fournisseurs que ces pays pratiquent des délais contractuels plus longs qu'ailleurs en Europe ; généralement supérieurs ou très supérieurs à 90 jours tandis qu'ils sont inférieurs à 60 jours en France ou d'environ 30 jours aux Pays-Bas ou en Allemagne » précise Thierry Millon

La situation est également tendue au nord. En Grande-Bretagne, 10,9% des entreprises payent leurs fournisseurs avec plus de trente jours de retard, ramenant le pays à ses valeurs du printemps 2011. Le voisin irlandais offre la même tendance avec un ratio à 11,7%.

Sur le podium européen, les deux premières places demeurent inchangées. L'Allemagne, particulièrement vertueuse, affiche un taux remarquablement bas à seulement 1,1% de grands retards. Les Pays-Bas repassés sur la barre des 4% au printemps tentent de conserver la deuxième place avec un taux de paiement tardifs à 4,6%. La Belgique, dont les entreprises sont plus enclines qu'en France à respecter les dates d'échéance (46,6% contre 32%), fait en revanche moins bien sur la catégorie des grands retards. En effet, 6,2% des entreprises belges reportent leurs règlements de plus d'un mois, elles sont 5,2% en France qui accroche donc la dernière marche du podium.

« Le crédit interentreprises est parfois justifié pour répondre de contraintes de mise en œuvre de chantiers, contrôles de prestations rendues voire de souplesse financière, mais sans doute pas à hauteur des 600 milliards qu'il représente aujourd'hui en France. Au-delà des délais contractuels, et donc acceptés, le retard de paiement handicape l'ensemble des fournisseurs, souvent français, et étrangle les plus petits d'entre-deux qui tentent, eux, de respecter les délais de règlement. Les dépôts de bilan sont au plus haut en France, au-delà de 63 000, et beaucoup sont des structures financièrement fragiles, qu'un retard de paiement a fait basculer vers la défaillance.

La question est d'autant plus cruciale qu'elle dépasse les frontières. Une entreprise européenne sur dix retarde ses règlements de plus d'un mois sur un délai contractuel qui peut être de plus de trois mois. Ces quatre mois de trésorerie qui font alors défaut freinent évidemment les capacités de croissance de nos exportateurs. Depuis trente ans, Altares-D&B recueille et analyse les balances âgées d'entreprises majeures dans leur business et mesure le risque de la défaillance associée au retard de paiement. A partir de trente jours de retard de règlement, la probabilité que le client dépose le bilan est multipliée par six. Dans ces conditions, le fournisseur qui laisse déraper un délai de règlement accepte un transfert du risque du client vers sa propre entreprise. L'accès au financement externe reste compliqué pour les TPE et PME, la quête du cash doit s'installer dans chaque entreprise et cela commence par faire rentrer l'argent qui est dehors ! » conclut Thierry Millon.

Probabilite de defaillance associee au retard de paimnt.jpg

Depuis plus de 45 ans aux Etats-Unis et 30 ans en France et en Europe, le programme DunTrade, unique au monde, analyse les informations provenant directement de la comptabilité client de milliers de sociétés participantes.

A propos d'Altares > www.altares.fr

Membre du réseau Dun & Bradstreet, 1er réseau international d'informations BtoB, Altares se positionne comme le partenaire de référence des directions opérationnelles (Achat/Finance/Commerce/Marketing) des grands comptes et ETI. La société propose à ses clients de tous secteurs d'activités un accès privilégié à ses bases de données légales et financières sur plus de 220 millions d'entreprises dans le monde. Elle leur permet ainsi de prendre les bonnes décisions au bon moment en bénéficiant d'informations et de solutions à forte valeur ajoutée.

Altares produit trimestriellement des études de référence sur « les défaillances d'entreprises » et les « retards de paiement ». La société compte 300 collaborateurs et réalise un chiffre d'affaires de 55 millions d'euros.