Merci Pierre-Jean Llorens pour nous avoir déniché l'article et peut être répondre à l'une de nos interrogations :

et pourquoi pas en France ?

http://www.net-iris.fr/veille-juridique/actualite/31144/des-mesures-pour-favoriser-la-relocalisation-des-entreprises-en-france.php

Un programme vient d'être lancé afin de faciliter le retour sur le territoire français d'activités industrielles propices à la relance de l'économie et à l'emploi.

 

Le lancement d'un programme en faveur de la relocalisation vient d'être annoncé par Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif. Ce programme, qui vise principalement 300 entreprises, sera accompagné d'un outil pour calculer les avantages financiers d'un éventuel rapatriement d'activité en France.

L'Agence française des investissements internationaux devrait calculer les avantages pour les entreprises de relocaliser leur activité. Il s'agira d'un service gratuit pour les entreprises qui le souhaite.

Selon le Ministre du redressement productif, le financement d'une relocalisation est beaucoup plus envisageable dans les filières françaises qui sont fortes et performantes comme l'aéronautique, la pharmacie ou le numérique. Ce sera plus difficile dans les secteurs en difficulté.

L'objectif principale du ministère est de convaincre la cible des 300 entreprises de relocaliser leur activité sur le territoire français.

http://jwkieser.free.fr/economie/exposes/IMACS_delocalisation_relocalisation.pdf

Exemple réussi de relocalisation, le cas de Rossignol qui renouerait avec les bénéfices et les embauches, après l'arrêt de sa collaboration avec un sous-traitant taïwanais en 2010. Le made in France apparait comme un qualificatif attrayant pour le consommateur. Cependant, la fabrication sur le territoire français a de la valeur uniquement si on est compétitif d'après Bruno Cercley, PDG de Skis Rossignol.

Source : Communiqué du ministère du redressement productif

© 2013 Net-iris

Reportage Hausse des coûts, productivité stagnante, pressions… Un entrepreneur français installé dans le Guangdong explique pourquoi il veut réinvestir dans l’Hexagone.

Au vu du succès considérable de son entreprise en Chine, rien ne semblait prédestiner Jean-Charles Viancin à s’orienter vers une relocalisation en France. Couvert de dettes après l’échec de sa PME en France, il s’installe voilà trois ans en Chine, à Dongguan, dans la province du Guangdong, où il épouse une Chinoise. Avec le soutien d’un investisseur français, le jeune entrepreneur de 28 ans y prend la tête de Super Silicone, une usine de fabrication de moules de pâtisserie.

Grâce au silicone qui n’attache pas à la cuisson, le Français fait fortune. Son entreprise de 300 ouvriers a enregistré en 2011 un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, qu’il espère voir encore grandir cette année, grâce aux 70% de parts de marché qu’il possède désormais en France et au Japon.

Astronomique. L’expérience est cependant loin de l’avoir convaincu de rester. Et c’est vers la France qu’il tourne désormais ses regards. Des contacts ont été pris avec des élus de la Sarthe, où je cherche à ouvrir, l’an prochain ou en 2014, une usine pour le marché français. Dans un premier temps, il conservera son usine chinoise. Ses arguments pour relocaliser sa production dans l’Hexagone sont nombreux.

Depuis deux ans en Chine, les coûts de fonctionnement ont augmenté de manière astronomique, qu’il s’agisse des charges, des loyers, de l’eau ou de l’électricité - qui est coupée un jour par semaine en été en raison des pénuries. Comme mon usine fonctionne 24 heures sur 24, ces coupures me font perdre 10% de mon chiffre d’affaires, estime Jean-Charles Viancin.

Les salaires des ouvriers ont, eux aussi, crevé le plafond, du moins selon les critères chinois, passant de 2 000 à 3 500 yuans mensuels (255 à 446 euros) avec les heures supplémentaires. Mais, dans le même temps, la productivité de son personnel est restée la même. Un ouvrier chinois a besoin d’avoir derrière lui un contremaître, un contrôleur de qualité, un team leader, un superviseur et un manager…

Pour faire tourner une machine, on a besoin de quatre personnes, alors qu’en France une seule suffit. Même si les salaires français sont encore dix fois supérieurs aux salaires chinois, l’écart s’amenuise beaucoup en prenant en compte tout cela. Viancin explique aussi que ses acheteurs français - Auchan, Magasins U… - sont prêts à payer ses produits 10 à 15% de plus s’ils sont made in France. Alors, si vous intégrez cette autre donnée, l’écart devient minime.

Quelques-uns de ses moules en silicone sont d’ailleurs vendus au même prix que leurs équivalents faits dans certains pays européens. Sachant qu’il faut trente jours de bateau pour acheminer nos produits en France, que les droits de douane à l’import des produits made in China risquent d’augmenter et qu’il est probable que l’euro revienne à parité avec le dollar américain, ouvrir une usine en France prend alors tout son sens.

Selon lui, il n’est pas dans la culture chinoise de fonctionner de manière productive. L’incitation ne marche pas, dit-il. Le seul moyen d’augmenter marginalement la productivité consiste à payer l’ouvrier à la pièce, en retranchant du salaire le coût des pièces endommagées.

Danger de mort. Selon l’entrepreneur, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée en Chine reste un formidable handicap. Former un employé est presque inutile, car celui-ci a toutes les chances de quitter l’usine au bout d’un an pour chercher ailleurs un meilleur emploi. Mais il a d’autres raisons de vouloir rapatrier une partie de son entreprise : Mes concurrents me font parvenir des menaces de mort contre moi et ma famille.

Des équipes viennent devant l’usine soit pour saccager, soit pour demander à des ouvriers de transmettre ces menaces. Tant qu’on est client d’un industriel chinois, tout va bien, mais dès qu’on devient concurrent, on est en danger de mort. Ne se sentant pas en sécurité dans la zone industrielle de Dongguan, où se trouve son usine, il vit à 250 km de là, à Canton, et fait la navette tous les jours.

Sans parler des tracasseries administratives, sur lesquelles il ne souhaite pas s’étendre pour ne pas avoir d’ennuis. Un autre industriel français, basé à Shenzhen, non loin de Dongguan, accepte de les évoquer, mais sous couvert d’anonymat : La corruption au sein des gouvernements locaux est un problème monstrueux, et nous en souffrons quotidiennement. On doit consacrer au minimum 10% de notre chiffre d’affaires aux enveloppes rouges les pots de vin, ndlr.

Enfin, le ralentissement du marché intérieur chinois depuis un an est, selon Jean-Charles Viancin, non seulement très perceptible, mais durable. Il touche les industriels qui sont dans le moyen de gamme, tandis que le bas de gamme et le luxe continuent de prospérer. Ce qui signifie que l’écart des richesses ne cesse de se creuser, analyse le patron de Super Silicone. Il a peu d’espoir dans l’avenir industriel du pays.

Malgré les appels officiels à l’innovation, les PME chinoises ne font généralement pas de recherche et de développement, et stagnent dans le bas de gamme. Pour lui, la Chine reste ni plus ni moins l’atelier du monde… Mais le problème est que cet atelier est de plus en plus cher. Au point de l’inciter à revenir participer au redressement productif français cher à la nouvelle majorité.