de France Lumiere

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Le monde social bouge, craquelle, se fendille, explose par moment sous les fortes pressions. Emergent depuis quelques années des nouveaux jobs avec de belles appellations : free-lance, indépendant, auto-entrepreneur, entreprise individuelle, portage salarial, etc. Mais l’immobilisme fait rage et les institutions regardent d’un mauvais œil, voire avec aucun œil du

tout, ces « marginaux » qui se débattent pour faire sortir de leurs cerveaux des solutions palliatives aux manques d’activités salariées traditionnelles. Car il faut bien parler de cela. Faute de trouver un travail « reconnu » selon les sigles « CDD » ou « CDI », selon les termes « périodes d’essai » ou « démission », « licenciement », les aventuriers des missions perdues se reconvertissent, comme ils le peuvent, avec plus ou moins de chance, dans la création de leurs activités.

 Mais, sauf preuve du contraire, hormis le « sésame », ce précieux « CDI » ou contrat à durée indéterminée, personne n’a grâce aux yeux des organismes bancaires, des administrations, des structures corporatives. Et pourtant ces femmes et ces hommes ont une vie, des besoins, des incontournables : se nourrir, se loger, dormir. Ces statuts n’ont pas grâce à leurs yeux. Ils n’existent même pas pour certains. A l’exemple du portage salarial, le « porté » se doit de respecter, comme tout salarié en entreprise, la visite à la médecine du travail. L’entreprise de portage lui demande de s’astreindre à cette obligation légale. Mais le gag, c’est que lorsque ce « porté » se rapproche de ces établissements, il s’entend dire que ce statut leur est inconnu, qu’il n’existe pas et, par conséquent, l’obligation de les concerne pas.

 Le pire revient aux organismes bancaires. Pas de feuilles de paie d’une entreprise traditionnelle pour une activité en CDI,  le porté se voit rejeter faute d’un statut reconnu partout en France. S’il veut déménager pour louer, ce n’est pas possible, s’il veut vendre pour racheter, il devra assurer cette opération « à blanc ». Le passage par une situation « SDF » est même la seule solution. Les assistantes sociales ne peuvent aider, au même niveau de priorité, les « propriétaires » d’un bien, même en situation de péril financier. La réponse devient « vous n’avez qu’à vendre votre maison » et là vous pensez : « ..mais d’ici là je fais comment … je mange mes briques, mes pierres, mon toit … » ? La mouvance sociale est en marche mais, preuves à l’appui, rien n’est réellement prévu ni reconnu pour amortir les initiatives qui se multiplient pour s’en sortir, bien au contraire. Il va pourtant bien falloir accepter le déploiement de ces petits nains de jardin et leur laisser un peu de place pour vivre et se développer. C’est pour quand le grand ménage des méninges ?

 France LUMIERE