Merci à Pierre-Jean Llorens pour le partage de cet article :

Dernière modification le 12/05/2011, publié par Emploi-Pro.
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Focus Une étude de l'OCDE explique que les salaires français sont parmi les plus taxés au monde. Cela pèse sur le revenu disponible des ménages hexagonaux.

Il n'est pas toujours nécessaire de travailler plus pour gagner plus. On peut aussi abaisser le niveau des taxes sur les salaires. C'est sur ce thème que les spécialistes de l'OCDE viennent de publier leur étude annuelle sur « Les impôts sur les salaires ». Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, les taxes salariales payées par les salariés et les employeurs français étaient, en 2010, parmi les plus élevées des 34 pays membres. Le calcul des fonctionnaires mesure le poids   des prélèvements payés par les employés et leurs employeurs sur les revenus salariaux. Selon l'étude, en 2010, la part totale des impôts payés par les salariés et les employeurs, diminuée des transferts en espèces, est, en France, supérieure d'au moins 13 points à la moyenne de l'OCDE. Plus problématique encore, l'écart avec la moyenne s'est creusé depuis 2000.

L'OCDE donne alors des exemples : en 2010, « la France, la Belgique et l'Italie étaient les pays où les impôts étaient les plus élevés pour les couples mariés disposant d'un seul revenu égal au salaire moyen et ayant deux enfants ». Cela représente une imposition de 42,1 % en France, de 39, 6 % en Belgique et de 37, 2 % en Italie. L'OCDE montre aussi que cette forte taxation n'est pas une fatalité. Pour ce même foyer, les salaires néozélandais sont taxés à -1, 1 %, le Chilien à 6, 2 %, le Suisse à 8,3 % et le Luxembourgeois à 11, 2 %. La moyenne pour l'ensemble des pays de l'OCDE était de 24, 8 %, soit plus de deux fois moins qu'en France.

Pour les salariés célibataires sans enfant,  ce sont en général eux qui payent le plus de taxe, le « single » belge, français ou allemand est taxé respectivement à 55, 4 %, 49,3 % et 49,1 %. A contrario, les « solos » chiliens ou mexicains ne déboursent que 7 % et 15, 5 % de plus. « En Nouvelle-Zélande, poursuit l'étude, ce chiffre était de 16, 9 % et en Corée il était de 19, 8 %. La moyenne pour l'ensemble des pays de l'OCDE était de 34, 9 % ».

 Espérance de vie

L'étude de l'OCDE ne précise pas si les fortes taxations des salaires belges ou français vont de pair avec un service public de qualité tant en santé qu'en éducation. Tout juste peut-on   noter que l'espérance de vie était en France, en 2007 de 80,97 ans, de 78,96 pour la Nouvelle-Zélande et de 78,92 pour la Belgique.

Les économistes de l'OCDE se contente alors de préciser que « la pression fiscale moyenne sur les salaires recommence à augmenter, et pèse sur le revenu disponible réel ».

« Les impôts sur les salaires, qui incluent également les cotisations patronales et salariales de sécurité sociale, constituent un facteur essentiel des décisions d'embauche des entreprises et de l'incitation à travailler au niveau individuel, concluent les économistes de l'OCDE. Dans le cadre des efforts entrepris pour assainir les finances publiques et placer l'économie sur un sentier de croissance plus rapide, les gouvernements devraient envisager de modifier la structure fiscale en mettant plus l'accent sur les impôts indirects que sur les impôts directs (par exemple en augmentant les impôts récurrents sur la propriété immobilière) et en élargissant l'assiette de la TVA et de l'impôt sur le revenu des personnes physiques par la suppression de dépenses fiscales plutôt qu'en augmentant les taux de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et des cotisations de sécurité sociale ».