Si l'Unedic verse elle aussi dans le pessimisme, c'est que la situation se complique. L'organisme de gestion de l'assurance-chômage, dont l'optimisme est légendaire, a annoncé hier une palanquée de chiffres prospectifs qui ne laissent pas franchement augurer du meilleur. En commençant par ceux du chômage d'ici la fin de l'année. Pour Gaby Bonnand, le président de l'Unedic, 2011 devrait se solder par une hausse supplémentaire de 36 700 nouveaux demandeurs d'emploi sans aucune activité, auxquels devraient s'ajouter 55 000 autres en 2012. Il faut également compter sur les chômeurs en activité réduite qui alourdissent la note. Ils devraient être 65 700 de plus d'ici la fin décembre, et 89 100 l'an prochain.

Evidemment, cette hausse concerne toutes les catégories professionnelles. Et la bonne santé actuelle de l'emploi des cadres, avec son petit 4% de chômage, fait plutôt l'affaire de l'organisme puisque les cols blancs en poste sont aussi, et logiquement, les plus gros cotisants. Une bonne tenue de ce marché empêche ainsi le déficit de l'Unedic de plonger encore plus profondément vers les abysses.

Car ces mauvais chiffres du chômage en général font aussi les mauvais comptes de l'organisme qui devrait enregistrer une perte de 2,4 milliards d'euros cette année. Et de 1,77 milliards l'année prochaine. Ce n'est plus une révision, mais un tête à queue, puisque l'Unedic prévoyait, en mai dernier, d'atteindre un excédent de 272 millions d'euros en 2012.

Heureusement, Gaby Bonnand a promis, juré, que pour se renflouer, l'Unedic n'irait pas se refinancer sur les marchés obligataires. Manquerait plus que la note des chômeurs Français soit dégradée.

Michel Holtz © Cadremploi.fr

l'Unedic prévoit un déficit et un chômage en hausse Michel Holtz © Cadremploi.fr - Publié le 23.09.11