Merci à Pierre-Jean Llorens pour le partage de cet article qui n'engage que son auteur ; le sujet est intéressant c'est pourquoi cet article est inséré sur le site.

En passant une centaine de commandes, des chercheurs de deux universités américaines et d'une université européenne ont cherché à savoir comment procèdent les spammers, comment ils gagnent de l'argent et à quels maillons essentiels ils font appel. Principale conclusion : la solution au spam pourrait se trouver au sein des banques.

Le spam et une véritable plaie, il n'est plus nécessaire de l'expliquer à personne. On estime aujourd'hui que 200 milliards (!) de messages non sollicités sont désormais envoyés chaque jour, et seul le fonctionnement relativement efficace des filtres

permet à l'e-mail de rester un moyen de communication à peu près utilisable.

 

Et pourtant :les e-mails qui polluent nos messageries sont encore beaucoup trop nombreux. De plus, tout message bloqué doit quand même être envoyé quelque part, de sorte que les meilleurs filtres n'empêchent pas qu'une énorme quantité de données inutiles sature peu à peu le net. De meilleures solutions s'imposent par conséquent, par exemple en s'attaquant aux spammers à la source.

Des milliards de mails, 45 entreprises

Les chercheurs de deux universités californiennes et de l'université de Budapest ont dès lors analysé la chaîne logistique qui se cache derrière ce énième mail faisant la promotion du Viagra ou de logiciels bon marché. Il en ressort d'abord que deux intermédiaires séparent les expéditeurs des mails des fabricants proprement dits. Entre les deux, on trouve des réseaux affiliés  qui font office de revendeurs et empochent bien entendu une partie de l'argent. A ce propos, il faut savoir que le spammer s'approprie généralement entre 30 à 50% du prix total.

Selon les chercheurs, on ne recense qu'environ 45 revendeurs actifs dans le monde, malgré les milliards de mails envoyés chaque jour. Il n'est cependant pas facile de s'attaquer à eux, non seulement parce qu'ils sont répartis dans le monde entier, mais aussi parce qu'on ne peut rien leur reprocher dans de nombreux pays. De même, il n'y a guère de sens à s'attaquer aux entreprises d'hébergement qui accueillent ces boutiques en ligne sur leurs serveurs. Non pas parce qu'elles pourraient aisément échapper aux poursuites, mais parce qu'il est bien trop facile pour les spammers de trouver un nouvel hôte. Le nombre de fournisseurs est presque illimité.

Azerbaïdjan, Caraïbes et... Norvège

Dans cette quête de goulots d'étranglement susceptibles d'être coupés, on en arrive rapidement aux banques. Les chercheurs ont réalisé, comme on l'a dit, plus de 100 achats : les sociétés de cartes de crédit en ont accepté 76 dans un premier temps, alors qu'un deuxième contrôle de sécurité a ramené ce nombre à 56. Sur ces 56 commandes acceptées, 49 ont effectivement été livrées : la probabilité qu'un spammer vous escroque complètement est donc étonnamment réduite.

Sur ces 56 transactions réussies, plus de 95% ont été exécutés par seulement trois banques et 60% par la plus populaire d'entre elles. Il s'agit de l'Azerigazbank(Azerbaïdjan), de la St Kitts&Nevis Anguilla National Bank (une banque basée à Saint-Kitts-et-Nevis, une petite île des Caraïbes) et de la banque lettone DnB Nord.

Cette dernière banque est désormais la propriété du groupe norvégien DnB NOR, lequel s'est empressé de déclarer sur Twitter qu'elle avait hérité d'un client « engagé dans des activités de spamming » lors de l'acquisition d'une banque lettone, mais l'avait immédiatement exclu.

Naturellement, il ne faut pas attendre de miracle de cette approche : quelques coups de téléphone ne suffiront pas pour assécher financièrement les spammers. Mais comme les chercheurs l'expliquent : il leur sera bien plus difficile de trouver une nouvelle banque que de mettre sur pied un nouveau site Web. Si nous voulons vraiment nous attaquer aux spams, la seule solution réaliste est donc de s'attaquer à une poignée de banques.

 

Raphael Cockx

Eliminer le spam ? Attaquez-vous aux banques

http://blogs.lecho.be/tzine/2011/06/-eliminer-le-spam-attaquez-vous-aux-banques-.html