de France Lumiere

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Evidemment, dans une longue descente, par la force d’attraction, la locomotive et ses très nombreux wagons dévalent la pente dans un tonnerre de fumée. Dans un bruit assourdissant, la machine s’emballe, emmènent avec elle 6 milliers d’individus quasi tous passifs. Ils regardent défiler le paysage, bercés par les tableaux qui se succèdent, plus chatoyants les uns après les autres. A certaines étapes, ils

assistent, totalement indifférents ou passablement intéressés, aux évènements du parcours. Certains s’arrêtent pour visiter, prendre l’air, s’informer, s’occuper, d’autres prennent vraiment du plaisir à respirer l’air vivifiant de belles rencontres humaines. D’autres encore comprennent qu’il est nécessaire de soulager la locomotive dans les cotes. Il y a déjà moins de monde alors pour entretenir la machine. Elle tremble, se tend par l’effort, s’ébroue de sueur.

Pourtant, c’est bien connu : pour aller loin, il faut ménager sa monture. C’est tellement plus commode, plus reposant de regarder les autres tirer les wagons, animer, organiser, tellement plus facile d’utiliser le train en marche, de se bercer d’illusions parce que tout cela fonctionne tout seul !! Même, et surtout, les radeaux en pleine mer ont besoin d’un bon brin de chance pour se diriger sur les océans tumultueux. Certes, il faut un capitaine mais sans ses marins, une embarcation, même réduite, ne peut sillonner les mers, atteindre des ports, changer de cap.

Alors, sans un minimum de contribution, comment faire œuvrer une communauté humaine ? Souvent, un petit effort individuel, un coup de main de quelques minutes, le tout à sa portée chaque jour, et voilà que tout devient possible. Les choses peuvent alors avancer normalement pour tous, avec équité.

France LUMIERE