Merci Pierre-Jean Llorens pour cet éclairage d'actualité :

http://inegalites.fr/spip.php?article1000&id_mot=110
L'’offre de santé reste inégale selon les territoires. On compte quatre médecins pour 1 000 habitants en Ile-de-France contre 2,6 en Picardie.

Les professionnels de santé tels que les médecins ou les infirmiers sont concentrés dans le Sud de la France et en Ile-de-France. On

compte quatre médecins pour 1 000 habitants en région parisienne, contre 2,6 en Picardie. Cela signifie qu’un médecin picard doit suivre en moyenne 390 patients contre 250 pour un médecin exerçant en Ile-de-France. En revanche, paradoxalement, la région parisienne fait partie des régions les moins bien dotées en infirmiers.

 

Le nombre de médecins constitue un indicateur essentiel mais insuffisant pour apprécier l’offre médicale. Il faudrait tenir compte du nombre d’heures de travail des praticiens et de leur répartition par spécialité. Surtout, les besoins de la population ne sont pas identiques partout : dans une partie des départements du Sud la proportion de personnes âgées est supérieure à la moyenne, d’où une demande de soins plus élevée. Il est logique qu’on y compte plus de soignants.

Les inégalités sont grandes au sein de chaque région : la densité médicale est aussi moins élevée dans les zones rurales et à la périphérie des grandes villes, alors que les centres-villes sont sur-dotés. Dans une note parue en juillet 2012, l’Insee Lorraine avait par exemple souligné les déficits de la région, mais aussi les écarts internes.

Pour tenter de mieux mesurer l’accessibilité, l’Insee a calculé un indice d’accessibilité potentielle, calculé au niveau des communes. L’indice tient compte du nombre de médecins en équivalent temps plein par habitant, mais aussi de la structure par âge de la population dans le rayon d’exercice des professionnels. Selon l’Insee, l’accessibilité au généraliste varie peu : seuls 0,2 % des habitants ont un indice deux fois supérieur à la moyenne et 7 % deux fois plus faible. Comme le note l’institut, la quasi totalité des habitants vivent à moins de 15 minutes d’un généraliste et 99 % à moins de 10 minutes. En revanche, pour les spécialistes ce n’est plus le cas : 5 % ont un indice d’accessibilité deux fois supérieur à la moyenne et 20 % deux fois supérieur.

La France ne connait pas une pénurie globale de personnel de soin, mais sa présence sur le territoire reste déséquilibrée, en particulier pour les spécialistes. Certes, chacun peut avoir accès à un large éventail, mais dans des conditions de délais, de coût (incluant les transports) et de qualité qui ne sont pas similaires. A l’avenir, c’est l’accès au généraliste qui pourrait être de plus en plus difficile. En Lorraine par exemple, entre 2006 et 2011, davantage de médecins généralistes sont arrivés qu’il n’en est parti à Nancy. Contrairement à Bar-le-Duc, où la part des arrivées a été plus de deux fois moins importante que celle des départs. L’offre en structure risque à terme d’être insuffisante dans des territoires très vieillissants et moins dotés, écrit l’Insee Lorraine.

Densité de médecins par habitant, toutes spécialités confondues en 2011

Densité d’infirmiers par habitant, salariés ou libéraux en 2011

Source :  http://www.ecosante.fr/

répertoire des professions de santé ADELI. Réalisation : Observatoire des inégalités.

La démographie médicale dans les régions françaises
Densité de médecins et d'infirmiers pour 100 000 habitants

Médecins
Infirmiers
France métropolitaine 331 847
Ile-de-France 403 739
Champagne-Ardenne 285 829
Picardie 256 739
Haute-Normandie 263 734
Centre 261 692
Basse-Normandie 273 928
Bourgogne 278 854
Nord-Pas-de-Calais 296 854
Lorraine 292 896
Alsace 333 935
Franche-Comté 301 870
Pays de la Loire 270 770
Bretagne 302 917
Poitou-Charentes 285 778
Aquitaine 331 866
Midi-Pyrénées 345 980
Limousin 323 1100
Rhône-Alpes 334 876
Auvergne 304 969
Languedoc-Roussillon 355 914
Provence-Alpes-Côte d'Azur 409 970
L'Ile de France dispose de 403 médecins pour 100 000 habitants, soit un médecin pour 248 habitants.
Source : répertoire des professions de santé ADELI. Année des données : 2011

Comparaison internationale

D’un point de vue international, la France reste un pays globalement bien doté avec 3,3 médecins pour 1 000 habitants en moyenne, un niveau légèrement inférieur à l’Allemagne (3,6), la Suède (3,8) ou l’Italie (3,7) mais largement supérieur à celui du Royaume-Uni (2,7), des Etats-Unis (2,4) ou encore du Japon (2,2).

Densité de médecin dans les grands pays industrialisés

Médecins pour 1 000 habitants
Pays-Bas 2,9
Italie 3,7
Espagne 3,5
Allemagne 3,6
Suède 3,8
France 3,3
Danemark 3,5
Australie 3,1
Royaume-Uni 2,7
Etats-Unis 2,4
Pologne 2,2
Canada 2,3
Japon 2,2*
Mexique 2,1
* 2008
Source : OCDE Health Data 2012. Année des données : 2009

Densité de médecins par habitant, toutes spécialités confondues en 2010 dans les pays européens de l’OCDE

 

L’Assistance publique crée une filière VIP pour riches étrangers
le 8 novembre 2012

L’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a signé un accord avec une société d’assurances du Moyen-Orient pour développer l’accueil payant de riches patients étrangers selon le Journal du dimanche du 5 août 2012. À terme, jusqu’à 1 % des malades soignés dans ces hôpitaux pourraient venir du Golfe, de Chine ou de Russie. Ainsi, les hôpitaux de Paris seraient libres de pratiquer des tarifs supérieurs à ceux imposés par la Sécurité sociale et pourraient ainsi renflouer leurs caisses. L’AP-HP se défend de vouloir léser les patients français car il s’agira seulement d’interventions ou de soins programmés à l’avance. Cela contribuerait en outre au rayonnement et à l’attractivité de la France.

Cet accord met en lumière non seulement la médecine à deux vitesses qui se développe dans les hôpitaux publics, mais encore le manque de ressources des hôpitaux. Leur budget est en effet de plus en plus contraint par la tarification à l’activité (T2A) mise en œuvre depuis 2005, qui consiste à moduler le budget des hôpitaux en fonction du nombre d’actes pratiqués. Cette dernière a incité certaines cliniques privées à abandonner les activités les moins rentables et à envoyer les patients défavorisés vers les hôpitaux publics.

NL

COLLOQUE CERIN Protéines et activités physique et sportive : pourquoi et comment ?

Protéines et activités physique et sportive : pourquoi et comment ?

Mercredi 12 décembre 2012 à Lyon

Centre des Congrès de Lyon
La Cité Internationale

Dans le cadre du congrès annuel de la Société Française de Nutrition, le Centre de Recherche et d'Information Nutritionnelles a le plaisir de vous inviter à son symposium.

De 8h30 à 10h00

Protéines, activité physique et sarcopénie
Dr Frédéric Depiesse, médecin du sport, médecine physique de réadaptation, Président de la commission médicale de la Fédération Française d’Athlétisme (Toulouse)

Besoins protéiques du sportif de loisir et de compétition
Pr Xavier Bigard, Professeur agrégé du Val de Grâce, Président de la société Dauphiné-Savoie de médecine du Sport et Directeur adjoint de l’Institut de recherche biomédicale des armées(Grenoble)

Comment gérer ses apports protéiques, en particulier lors de la récupération ?
Véronique Rousseau, diététicienne-nutritionniste, Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance (Paris)

Modération : Dr Vincent Boucher, président de la FMAMN (Bordeaux)

Remplacer le soda par du lait, du café ou du thé diminuerait le risque d’accident vasculaire cérébral

Comparé à d’autres boissons, la consommation de soda, normal ou light, augmenterait le risque d’accident vasculaire cérébral.

Bernstein A, de Koning L, Flint A et col (2012) Soda consumption and the risk of stroke in men and women, American Journal of Clinical Nutrition; 95:1190-9

Aux Etats-Unis, une étude réalisée auprès de 84 085 femmes et 43 371 hommes, suivis pendant respectivement 28 et 22 ans, a dénombré 2 938 accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez les femmes et 1 416 chez les hommes. Les participants répondaient tous les 4 ans à un questionnaire de santé, précisant la consommation de tabac et l’activité physique, et remplissaient également un questionnaire alimentaire.

La consommation de soda une fois par jour ou plus, qu’il soit sucré ou light, augmente le risque de faire un AVC en comparaison à une consommation nulle (risque relatif de 1,16). Résultat obtenu après élimination des facteurs confondants, y compris hypertension et diabète.

Remplacer une fois par jour le soda par du café, décaféiné ou non, diminue le risque d’AVC de 9 à 10%. La consommation de lait écrémé plutôt que de soda light diminue le risque de 11%. Le thé et le jus d’orange limitent aussi le risque.

Par ailleurs, les plus grandes consommatrices (une fois par jour ou plus) de sodas sucrés montraient un plus grand risque d’AVC ischémique alors que les consommatrices de sodas light montraient un plus grand risque d’AVC hémorragique.

Pour prévenir les AVC, les auteurs de l’étude suggèrent que les buveurs soda en diminuent leur consommation pour leur substituer petit à petit du lait, du thé ou du café.

Dans cette nouvelle édition mise à jour et augmentée de près de 100 pages, Thierry Souccar conforte son enquête sur le lobby laitier et sur les effets réels du lait sur la santé.
Il montre comment lindustrie a réussi à faire dun aliment marginal et mal considéré un pilier incontournable de lalimentation moderne. Présentés comme « indispensables à la santé des os », les laitages cachent une réalité moins glorieuse. Vous apprendrez ainsi :

• Comment le lobby laitier noyaute la communauté scientifique et médicale ;
• Comment lindustrie laitière a fait croire que la santé des os dépend
du calcium laitier ;
• Pourquoi lostéoporose ne diminue pas avec la consommation de lait,
et pourquoi au contraire elle progresse ;
• Pourquoi les amateurs de laitages ont plus de cancers de la prostate ;
• Pourquoi les chercheurs soupçonnent le lait de favoriser le diabète de lenfant ;
• Comment lindustrie fait croire que le calcium laitier prévient lobésité ;
• Pourquoi les besoins en calcium ont été exagérés et quels sont vos besoins réels ;
• Comment prévenir lostéoporose sans se bourrer de lait.

 

Les usines Candia de Saint-Yorre et d’Arnas fermeront dès fin 2013, celle du Lude en 2014

Lait
© CC Keepps

Trois des huit usines d'embouteillage de la filiale du groupe coopératif Sodiaal vont fermer leurs portes.

Issu du regroupement de plusieurs coopératives régionales, le groupe Sodiaal a présenté jeudi 8 novembre en comité central d’entreprise "un projet de réorganisation industrielle et logistique" qui comprend la fermeture de trois des huit sites de production et la suppression de 313 emplois sur un total de 1 465 de sa filiale Candia. Le groupe envisage "le regroupement de la production de la société Candia sur cinq sites de conditionnement de lait de consommation à l'horizon 2014, au lieu de huit actuellement" afin "de renforcer" l'entreprise dans le secteur du lait de consommation.

Confronté depuis deux ans à un profond bouleversement de l’économie laitière, le premier producteur de lait de consommation en France "voit, année après année, sa compétitivité se dégrader face à la concurrence européenne", a expliqué la direction de Sodiaal. "La collecte du lait auprès des 12 400 producteurs de la coopérative restera inchangée", a précisé la direction dans un communiqué.

La décision de Sodiaal a jeté le trouble sur le site d'embouteillage de lait Candia situé à Saint-Yorre (Allier). L'usine bourbonnaise fait partie des trois condamnées à la fermeture définitive qui sera effective fin 2013. Quelque 105 salariés sont concernés en Auvergne.

Les laiteries d’Arnas (l'usine Marguerite), près de Villefranche-sur-Saône (Rhône), seront également fermées d’ici la fin de l’année prochaine, celle du Lude (Sarthe) l’étant dans le milieu de l’année 2014.

Les dirigeants du groupe coopératif se sont engagés à chercher des solutions de réindustrialisation des trois sites touchés. Les salariés touchés par la réorganisation recevront des propositions de reclassement dans les autres sites du groupe ou dans des usines partenaires.

En 2012, la société Candia enregistrera une perte opérationnelle de 26 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros. En 2011, son résultat était positif de 10 millions.

Lors du comité central d’entreprise, la direction de Sodiaal a annoncé par ailleurs un investissement de 60 millions qui vise à moderniser l’outil industriel afin de produire 400 millions de litres dans chacune des usines Candia à l’horizon 2015, année qui marquera la fin des quotas laitiers dans l’Union européenne.

"On s’attendait à une restructuration, mais pas de cette ampleur", observe Yvon Gérard, délégué central CFDT qui pointe du doigt la responsabilité de la grande distribution "qui se fournit en dehors des frontières et non sur notre territoire". De son côté, Rik Deraeve (FO) ne comprend pas pourquoi Candia a repris il y a deux ans l’usine de Villefranche-sur-Saône et plus récemment celle de Saint-Yorre pour les fermer aujourd’hui.

Aujourd’hui, le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, élu de la Sarthe, rencontrera des représentants du site du Lude à l’issue de la réunion du comité d’entreprise et fera part de sa position après cette entrevue.

Geneviève Colonna d'Istria et Vincent Charbonnier