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de France Lumiere

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Doit-on considérer comme finalement inintéressante, dans le temps, la vie d'une personne pour qui se succèdent les épreuves, les

difficultés, le mal-être, la malchance ? Il convient de distinguer les individus qui embrassent à bras le corps leur destinée en étant acteur de leur devenir. Malgré cet acharnement à ne jamais s'avouer vaincu, à ne surtout pas baisser ni la croyance ni la garde, tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir, la malédiction perdure.

L'entourage, investi jusque-là, souffre de la morosité ambiante qui, finalement, ne la concerne pas directement. C'est bien connu : il n'est pas possible de s'intéresser aux autres tant que la disponibilité habituelle de temps et d'esprit ne se conteste pas. L'endurance se marie moins bien dans le temps justement qui, pourtant, se réfère à cette aptitude de longs efforts et d'attention dans la durée. Une contradiction qui n'a d'égal que le souci de se protéger contre soi-même.

Se débattre en permanence pompe une incroyable énergie et pollue surtout l'intéressé. Il convient rapidement d'externaliser de son cercle amical, familial, ses états d'âme. La lassitude s'empare irrémédiablement des plus investis et les désengage, voire pire. Il ne faut pas confondre cet état psychologique à un total retrait de toutes les préoccupations, un dédain ; le recul se sauvegarde pour mieux s'enrichir d'un oeil neuf. Nul ne peut faire à la place de l'intéressé lui-même. Porter la lassitude affichée, en revanche, s'analyse comme un désintérêt avoué à la mise en transparence volontaire. L'amitié trahit bien les profondeurs affectives en ces cas particuliers et elle n'est alors pas bonne à entendre.

France LUMIERE