de France Lumiere

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mmobile, l’air en suspend, le souffle coupé, la nature subit en silence la fournaise. Figée sous un soleil écrasant, elle halète et s’ébroue au passage des rares ombres rafraîchissantes. Elle pompe l’humidité là où elle le peut. Les herbes folles en gardent encore un peu. Le monde animal s’organise, s’agence dans la fraîcheur relative de la nuit pour mieux affronter la canicule aux plus chaudes heures de la journée. Car ensuite, le manque d’air raréfie les prétentions alimentaires des

plus courageux. Les brumes de chaleur délavent les contours de l’horizon bleu azur. Sous ce soleil hardant, les teintes vert bouteille semblent salies et moins vives. Les reliefs montagneux paraissent peu nets, plus indécis, plus dilués. Les champs jaunis s’étendent en langueur de désolation.

 Les oiseaux se sont tus. Dans ce silence d’attentisme ambiant, les insectes s’activent et donnent à cette scène figée une lueur de vie. Si les plus gros animaux sont terrassés et somnolent dans les prés, sous les bois, dans les étables, les petits êtres vivants grouillent et s’agitent frénétiquement. Ils laissent planer un bruit de fond incessant qui contraste avec l’immobilisme de la chape de plomb du moment.

 De temps à autre, un léger courant d’air chaud déploie l’activité silencieuse de papillons multicolores. Maîtresse de cet état léthargique, les mouches n’en finissent pas de donner le ton. Elles virevoltent, s’excitent, remplissent l’espace de leur vrombissement. Elles imposent leur didact et obligent à la complaisance. Les chasser devient un sport épuisant en plus qu’inutile. Il n’y a qu’une chose à faire. Il faut attendre que la moindre fraîcheur revienne pour retrouver l’envie de s’animer à son tour. Quant l’ombre gagne, au couché du soleil, la nature vibre à nouveau et respire. Un peu de répit avant le lendemain.

 France LUMIERE

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