de France Lumiere

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Quitte à flirter avec la devise des JO, à bousculer les chronos, à provoquer l’impossible, à pousser dans les retranchements le dépassement de soi, pourquoi ne pas rallonger de quelques bons centimètres les poteaux du perchoir pour l’épreuve de saut à la perche ? Quel mental d’acier pour résister à la pression exercée par les deux concurrents qui prétendent, eux aussi, au plus beau métal. Quels organismes préparés pour 6, 9 sauts à de telles hauteurs ! Certes, l’expérience et l’usage

favorisent le plus expérimenté d’entre eux pour choisir sa perche tout en évitant la barre. Jusqu’au bout de leur force, ils s’élèvent vers le ciel afin d’atteindre le couronnement absolu, incontestable. A ce « stade » de l’effort, certains sont favorisés par leur puissance, et d’autres, par leur souplesse et légèreté : deux écoles pour deux morphologies.

 Devant des milliards de paires d’yeux, les trois concurrents s’affrontent dans un même élan de générosité avec respect mutuel et une certaine solidarité athlétique particulièrement chaleureuse. Il n’est pas possible, dans cette discipline individuelle, exigeante, transparente, de feindre une chute, de provoquer l’erreur, la faute de l’autre et d’exercer l’anti-sport du mauvais joueur perdant. Et pourtant la fatigue, elle aussi, s’invite.

 Les sports collectifs dissimulent, avec une grande facilité, des pratiques déstabilisantes qui se veulent stratégiques. Mais sauf erreur ou omission, celles-ci, à défaut d’être systématiquement sanctionnées sur le fait, à part d’apporter malhonnêtement un point supplémentaire voire plus, ne donne pas plus davantage. Accepter l’échec fait partie intégrante des disciplines sportives de haut niveau. Parmi toutes les images retransmises à la télévision, ce sont celles-là que la plupart du public risque de retenir en plus des exploits. N’est pas champion qui veut !

 France LUMIERE