de France Lumiere

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Il est plus petit que lui en taille mais ils sont égaux en richesse intérieure. Son teint ivoire le rend luisant par la sueur de l’effort. Magistral, impérieux, véloce, il a déboulé de puissance sur la ligne d’arrivée. Attentionné pour son ami, il se

décale même sur la ligne voisine pour faciliter la visibilité et l’atteinte de la fin de course de celui qui lui trotte derrière les talons. Course stratégique, ils ont partagé, cote à cote, dans la même foulée ce moment de grâce tant attendu après tant d’années de labeur. Si le deuxième était arrivé le premier, le stade aurait connu la même intensité, la même joie, cette même effusion chaleureuse et spontanée. Quatre années de préparation, de privation, de souffrances mais la récompense pour eux est au bout. La médaille d’or est visée logiquement après celle d’argent obtenu à Pékin.

 Certains athlètes fantastiques cumulent toutes les belles distinctions possibles sur les plus grands podiums mondiaux sans jamais parvenir à décrocher la plus belle de toutes, la plus enviées, celle pour qui les sportifs sont prêts à tout accepter. L’Or, c’est le graal absolu, celui qui mérite tous les sacrifices. Cette médaille hautement estimable consacre une carrière d’athlète de très haut niveau international.  Elle est cette récompense inégalée qui transcende, déchire, divise.

 Parmi les plus belles images que les olympiades 2012 vont délivrer, il y aura celles de l’émotion, du bonheur parfait, de la joie explosive et démonstratrice, de la souffrance intérieure exacerbée, de l’abattement, de l’égarement, de la déception, de la colère, de la profonde tristesse inconsolable, et celles de l’amour. Entre un frère et une sœur, un père et son enfant et deux amis partageant la même discipline sur la même épreuve. Echange de maillots, congratulations et transports d’une même joie partagée : celle d’avoir atteint ensemble un tel niveau de performance et d’humilité.

 France LUMIERE