de France Lumiere

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Pour avoir un sens aigu de la Justice et donc très réactionnaire face aux injustices justement, un « quidam » porte un regard critique sur cette institution normalement garante des équités et de l’intérêt des citoyens.

 Ce « quidam » aurait pu épouser une carrière juridique à l’issue de ses études de droit à la Sorbonne à Paris dans les années 1976/1980. Se « dégrossir » au jargon, us et coutumes du monde judiciaire fut son choix par la pratique directement. Le quidam a donc papillonné d’une étude d’huissiers à divers cabinets d’avocats. Ainsi il a pu apprécier les différentes facettes du droit : civil, commercial, pénal, du travail, protection industrielle, assurances, et se confronter aux « codes » des procédures qui régissent les diverses professions de ce secteur. Sa chance fut aussi de travailler aux côtés du Bâtonnier de l’Ordre des Avocats dans l’exercice de sa charge.

 Que d’expériences vécues, que de situations rocambolesques et rebondissantes, que de drames aussi dans des instances pour des successions, divorces, constats d’adultère, saisies, expulsions, aux assises. Ce quidam aurait pu poursuivre ses brillantes études de droit pour devenir avocat. Il avait déjà compris qu’il fallait posséder un certain état d’esprit, non partagé et contraire à sa nature, pour devenir Huissier de Justice. Son choix s’est donc porté sur un service juridique d’un grand groupe international au sein de son siège social parisien.

 Durant une dizaine d’années, ce quidam a baigné dans ces activités judiciaires avec beaucoup d’engagement, de conviction pour ne pas dire de croyance, satisfaction et plénitude. Rien n’était alors écrit.

 Hasard de la vie, des rencontres et le carrefour des chemins s’est ouvert vers d’autres horizons.

 Mais voilà que notre quidam se trouve confronter à sept reprises, entre 1993 et 2011, à la Justice pour voir reconnaître ses droits et se voir dédommager de mauvaises pratiques à l’encontre de ses intérêts personnels et professionnels. Il franchit donc le fossé qui le sépare de la profession ouvrière du droit qu’il a bien connue. Quelle désillusion ! Le métier a décidément bien changé et les valeurs sont radicalement différentes.

 Votre garagiste est mauvais ? Vous en changez relativement facilement. Si les choses se passent mal, courrier recommandé avec AR après des démarches infructueuses. Vous faites appel, si les choses ne tournent pas rond, au constructeur lui-même puisqu’il a un droit de regard sur ses concessionnaires. Le sens « commercial » implique le respect contractuel, la notoriété et l’image de marque. Le client se sent considéré. Vous parvenez à vos fins et êtes satisfait de l’issue de vos démarches et de la façon dont elles ont été écoutées.

 Dans le monde devenu glauque de nos instances judiciaires, la grande famille corporative se serre les coudes, ce qui sur le principe est logique mais jusqu’à quel point ? Dans les structures privées des entreprises, vous commettez une faute professionnelle et la sanction ne se fait pas attendre. Souvent radicale, elle condamne sans appel sauf à avoir recours, précisément, aux conseils des prud’hommes. Il en va de même pour une prestation client/fournisseur. Mais quand votre avocat est mauvais, qu’il le reconnaît et accepte ses erreurs, que faites vous quand les choses sont arrivées à un tel paroxysme d’incompétence et de mauvaise volonté ? Hé bien vous vous tournez vers l’Ordre des Avocats dont il dépend. Et si cet avocat est membre lui-même de cet ordre, que faites-vous ? La même chose sauf que vous sentez que votre démarche est plus sensible et la « protection » encore plus forte pour ce dernier par ses pères.

 Hé bien, vous n’avez aucun recours. Vous payez intégralement les honoraires sans espoir de vous voir quelque part dédommager de pratiques professionnelles plus que douteuses. Puis, lorsque vous constatez et fulminez que les sommes que vous avez donc légitimement gagnées à l’issue de votre procès, restent bloquées TROIS MOIS sur le compte Carpa où transitent le montant de ces litiges, vous êtes dégoutés. Pas moyen d’astreindre aux intérêts légaux de … retard. Hé oui pas de petites économies. Il faut croire que l’argent travaille plutôt bien sur ces comptes au point de mettre autant de temps pour que le bénéficiaire reçoive sont dû. Ne soyez pas en ASS et donc en urgence, grande précarité, pour récupérer les sommes qui vous reviennent.

 Le quidam, au bout de temps d’années à tout faire pour voir condamner les injustices dont il a fait l’objet, regarde médusé cette machine grippée que sont devenus nos instances judiciaires et ces pantins aux effets de manche qui sont sensés représenter nos intérêts. Une grande désolation, un écœurement, et une grande envie de dire : si vous pouvez contourner ces labyrinthes judiciaires, faites le, si vous pouvez éviter les robes noires, faites le. Vous payez des sommes astronomiques et vous ne pouvez pas dénoncer l’inconsistance de votre défenseur. Si vous ne pouvez faire autrement, sachez bien le choisir car, et heureusement, une grande partie de cette corporation a de l’éthique et une compétence sans faille.

 Pour finir sur ce pamphlet, certains de ces avocats, qui n’ont pu et su savamment se regrouper en Cabinets conséquents, vivotent et optent pour un certain « fonctionnariat » régulièrement rémunéré. Ils y passent alors un certain temps pour ne pas dire un temps certain au Tribunal de Police en pratiquant des « permanences », au détriment de leur clientèle privée dans l’attente. N’oublions pas en effet que c’est un « commerce » comme un autre à la différence près que vous ne pouvez rien faire face à un avocat peu professionnel, sur la forme comme sur le fond.

 CQFD

France LUMIERE