Plus de 200 € par mois restent à la charge des Français sur leurs dépenses médicales, après remboursements de la Sécurité sociale et des mutuelles, selon les Comptes nationaux de la santé 2010, dévoilés en septembre 2011. Ces dernières années, les pouvoirs publics ont pris diverses mesures destinées à  réduire le déficit de la Sécurité sociale : doublement du forfait hospitalier de 9 à 18€€, participation forfaitaire de 1 € sur les consultations, actes de médecin et analyses biologiques, franchise de 0,50 € par boite de médicament et par acte d'auxiliaires médicaux, franchise de 2 € par

transport sanitaire, mise en place d'un parcours de soins qui amoindrit les remboursements s'il n'est pas suivi et une multiplication des déremboursements de médicaments. La part prise en charge par les patients et les complémentaires santé augmente constamment, par un effet de vases communiquants… Et les primes des mutuelles et assurances suivent naturellement le mouvement à la hausse.

 

Cette inflation des primes devrait s'amplifier avec le relèvement de la TSCA (Taxe spéciale sur les conventions d'assurance) de 3,5 % à 7%, depuis le 1e octobre 2011, même si  les mutuelles ne sont pas obligées de la répercuter , clame Xavier Bertrand, ministre de la santé.

Il en résulte que le renoncement aux soins s'amplifie. Il concernerait, selon l'institut CSA, avec Europ Assistance, 29 % des Français. Pour les patients, le dilemme est cornélien : souscrire une assurance complémentaire au tarif élevé pour bénéficier d'une bonne couverture ou s'en passer faute de moyens ou après avoir calculé, souvent à la louche, que les frais restant à leur charge après remboursement par l'Assurance maladie sont inférieurs au coût des primes (pour des exemples chiffrés de dépenses et de remboursement, voir : Combien vous coûtent vos dépenses de santé). Il existe cependant une solution médiane, encore méconnue, qui consiste à souscrire une complémentaire santé dotée d'un réseau de soins. Les assurés règlent des primes moins chères et, en contrepartie pour obtenir un bon taux de remboursement, ils fréquentent les professionnels du réseau avec qui l'assureur a noué des partenariats. Quelque vingt-sept millions de personnes bénéficient de tels réseaux, et certains, sans même le savoir. Nous avons listé six réseaux d'assureurs et de mutuelles : Carte blanche (Cegema Assurances, Solly Azar, Swiss Life…), Itelis (Axa, Cardif, Gras Savoye…), Kalivia (Harmonie mutuelles et Malakoff Médéric), Santéclair (Allianz, Maaf, MMA) et la MGEN (pour connaître les assureurs membres de ces plateformes et l'étendue de leur réseau : Entrez dans les réseaux de soins et allégez vos dépenses).
Pour les dépenses de santé les plus élevées, il existe également d'autres voies méconnues que nous vous dévoilons.

Les corrections de la vue : lunettes, lentilles et chirurgie

On constate une différence allant jusqu'à 70 % sur le prix de revient de lunettes identiques, selon notre enquête (voir : Acheter vos lunettes moins chères). Faute de prendre le temps de faire établir plusieurs devis concurrents, fréquenter les opticiens du réseau de sa complémentaire santé peut s'avérer intéressant. Les assureurs et mutuelles ont élaboré un savant maillage territorial de façon à ce que les clients aient un opticien partenaire à proximité de leur domicile, tout en limitant le nombre de magasins de façon à ce que les professionnels, grandes chaînes (Afflelou, Krys, Optic 2 000) comme indépendants, constatent un afflux de clientèle. Carte blanche affirme faire profiter de prix inférieurs de 15 %.
Autre choix pour corriger les défauts visuels : les lentilles de contacts, souvent jugées plus esthétiques que les lunettes. De nos jours, la quasi-totalité des anomalies de la vision peuvent être corrigées avec des lentilles de contact souples, plus confortables que les rigides (voir : Les lentilles, plus confortables et moins coûteuses) . Seul inconvénient, le coût restant à la charge du particulier est élevé. Il se situe entre 140 et 200 €, par an pour un hypermétrope, entre 180 et 300 € pour un astigmate et 500 € pour un presbyte. La Sécurité sociale n'intervenant que pour certains défauts particuliers, la majeure partie du temps ce sont les complémentaires santé qui interviennent modestement, entre quelques dizaines d'euros à 250 € pour un contrat haut de gamme, par an. En se tournant du côté des réseaux, les patients trouvent des prix attractifs, à l'instar de Santéclair qui offre une réduction moyenne de 16 % sur le prix des lentilles.
Le patient a également la possibilité de choisir des lentilles estampillées de la marque d'un distributeur, pour réaliser jusqu'à 46 % d'économie sur un produit, du même fabricant (pour connaître le nom du fabricant masqué sous la marque du distributeur, voir : Comment se passer de lunettes à moindre coût).
L'achat en ligne peut s'avérer être un choix pertinent, d'autant que dans leur majorité, les mutuelles remboursent les achats faits sur internet comme s'ils avaient été faits chez un opticien. Il permet  de réaliser de 10 à 65 % d'économie sur les prix pratiqués en boutique (pour connaître les prix affichés sur internet et l'économie réalisée, selon les modèles de lentilles, voir : Les lentilles, plus confortables et moins coûteuses).
La chirurgie des yeux a fait des progrès tels qu'il convient de la considérer en tant qu'alternative sérieuse, surtout pour les plus jeunes (voir les détails de l'opération selon le défaut visuel à corriger : La chirurgie idéale pour les moins de quarante ans). Si les techniques sont maintenant fiables et définitives, le traumatisme de l'intervention et son coût, de 1 100 à 3 000 € pour les deux yeux sont à peser. La collectivité ne prend pas en charge l'opération et les assurances ou mutuelles s'engagent rarement au-delà de 300 €.

Les soins et les prothèses dentaires

Si les soins dits conservateurs sont bien remboursés, ce n'est pas le cas des prothèses dentaires (couronne, inlay core, bridge, prothèse amovible, implant) dont les tarifs sont librement fixés par les chirurgiens dentistes. La durée de vie de la dentition de remplacement, son prix, son taux de remboursement par la sécurité sociale, son taux de remboursement par les complémentaires santé et le reste à charge, dépend du type de prothèse choisi (voir : Prothèses et soins dentaires, maitriser vos dépenses).  Une couronne facturée 500 € sera remboursée par l'Assurance maladie 75,25 € (70 % du tarif conventionné à 107,5 €). Les implants dont le coût moyen est de 2000 € - jusqu'à 3000 € en région parisienne - ne sont pas pris en charge par la collectivité, seule la couronne qui couvre l'implant l'est, pour partie. Même si les réseaux des assureurs et des mutuelles ne sont pas aussi développés qu'en matière d'optique, à la condition d'accepter de consulter un professionnel partenaire, le patient peut escompter une économie  de l'ordre de 20 %, en moyenne.

Les corrections de l'ouïe par des prothèses auditives

Il faut compter en moyenne 1 680 € pour une aide auditive et bien souvent il est préférable d'appareiller les deux oreilles. La Sécurité sociale ne remboursant que 129,80€ (65 % de la base de remboursement de 199,71 €), quel que soit l'appareil acheté et le niveau de déficience auditive, il n'est pas surprenant que nombre de malentendants ne s'équipent pas. Pour corser le problème, pour une prothèse identique, les prix varient du simple au double et la transparence n'est pas toujours au rendez-vous, les audio-prothésistes n'ayant aucune obligation d'afficher leurs tarifs en magasin.
Pour amoindrir le coût élevé restant à leur charge, les patients peuvent se tourner vers des enseignes discount dont les prix sont 26 % inférieurs à la moyenne nationale (voir : Aides auditives, bien s'équiper à moindre coût).
Les avantages proposés par les réseaux sont, là encore, très probants. Santéclair, réseaux le plus performant en la matière avec 350 audioprothésistes et des tarifs négociés de 40 à 50 % inférieurs aux prix du marché, permet de diviser par deux le reste à charge. Le tarif pratiqué n'est pas le seul atout du système. L'audioprothésiste est responsable de la réussite de l'appareillage. Il doit tester l'audition, examiner les conduits auditifs, évaluer les besoins et remettre un devis. Ensuite, il doit procéder à une phase de tests pouvant s'échelonner sur six semaines, puis intervenir, au minimum, deux à trois fois par an pour des réglages et ce, toute la durée de vie de l'appareil, estimée à cinq ans. Une raison supplémentaire pour se tourner vers les réseaux des complémentaires santé qui offrent des garanties et n'hésitent pas exclure un professionnel qui ne joue pas le jeu.

Les opérations chirurgicales

Lorsqu'un patient choisit une clinique, plutôt qu'un hôpital public, c'est souvent parce que le délai d'attente est plus court et qu'il a confiance en son chirurgien. Seulement, établissement privé rime avec dépassements d'honoraires. Nous avons recensé ces « suppléments » pratiqués dans les principaux établissements privés de France, pour l'opération de la cataracte, l'ablation d'une hernie de l'aine, l'opération du canal carpien, le remplacement de l'articulation coxo-fémorale (prothèse de la hanche), l'ablation partielle du ménisque, l'extraction des varices, l'ablation partielle du col de l'utérus, l'opération d'une hernie discale, l'opération de la prostate, l'ablation de la vésicule biliaire (voir : Les vrais tarifs des cliniques).
Après l'opération, le choix d'une chambre particulière, n'est pas forcément un luxe, même si son prix avoisine celui d'un hôtel de qualité, aussi bien à l'hôpital qu'en clinique. Il n'est pas pris en charge par la Sécurité sociale mais neuf complémentaires santé sur dix interviennent, pour les deux tiers d'entre elles à hauteur de 50 €, par jour, soit la moitié du montant moyen facturé par les cliniques, le record revenant à un établissement privé parisien dont la chambre particulière est à 275 €, par jour (pour connaître les tarifs des chambres particulières sur tout le territoire, voir : Les tarifs des chambres particulières)

Comment maîtriser ses frais de santé ? octobre 2011

http://www.leparticulier.fr/jcms/p2_1406255/comment-maitriser-ses-frais-de-sante

merci à Pierre Jean Llorens pour le partage de cet article

Couronnes dentaires : l'origine mentionnée dans les devis

http://www.leparticulier.fr/jcms/p1_1335715/couronnes-dentaires-lorigine-mentionnee-dans-les-devis?cid=c_115486

Votée cet été, la loi Fourcade (n° 2011-940 du 10.8.11, JO du 11) aménage certains points de la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) de juillet 2009. À noter que le Conseil constitutionnel a censuré près de la moitié des dispositions initialement votées (décision n° 2011-640 DC du 4.8.11).

Le lieu de fabrication des prothèses sera signalé

Les chirurgiens-dentistes n'ont plus à indiquer à leurs patients le prix auquel ils se sont procuré la prothèse posée (couronne, bridge…), une règle en vigueur depuis mars 2010, mais jamais appliquée (voir le n° 1054 du Particulier, p. 20). Ils peuvent désormais se contenter de dissocier le prix auquel ils vendent la prothèse au client (qui peut être très éloigné de son prix d'achat au fabricant) du coût des prestations effectuées. Le professionnel devra, en revanche, mentionner dans le devis le lieu de fabrication de la prothèse et remettre au patient des documents lui garantissant la traçabilité et la sécurité des matériaux utilisés. Un devis type doit être élaboré d'ici à la fin de l'année par les professionnels de santé et les assureurs. Selon différentes estimations, de 15 à 30 % des prothèses seraient d'origine étrangère. La Cour des comptes estime qu'une couronne céramo-métallique est achetée par les dentistes 40 € à l'étranger, en moyenne, contre de 120 à 140 € si elle est fabriquée en France.

Les réseaux de professionnels non encadrés

Longuement débattu au Parlement, l'encadrement des réseaux de professionnels de santé mis en place par des complémentaires santé a finalement été censuré par le Conseil constitutionnel. Rappelons que ces réseaux (Carte blanche, Itélis, Kalivia, MGEN, Santéclair, Sévéane…) négocient des tarifs préférentiels auprès d'opticiens ou de chirurgiens-dentistes, ce qui permet de limiter le montant restant à la charge des assurés (voir le n° 1061 du Particulier, p. 66). Les assureurs peuvent ainsi continuer à mieux rembourser les patients se rendant dans leur réseau (c'est le cas dans certains contrats d'Allianz, d'Axa, de Groupama ou de MMA), alors que les remboursements différenciés pratiqués par les mutuelles (Maaf, MGEN…) peuvent être contestés devant les tribunaux (voir le n° 1049 du Particulier, p. 24).