Alboussière - Portrait d’un judoka passionné

Il n’est pas rare qu’un destin se dessine dans les toutes premières pages de l’enfance. Ce fut le cas de Corentin

Mahey pour qui le judo devint une vocation dès l’âge de 5 ans par hasard.. Portrait

 

Corentin Mahey en 1997 avait 5 ans lorsque, à Lans en Vercors (38), tous ses copains s’entraînaient à la pratique du judo. Pourtant, il avait essayé bien d’autres sports comme le hockey sur glace, le tennis, etc. Très vite, il est captivé par le cadre, les valeurs de ce sport, le respect et l’engagement. Il intègre une classe aux horaires aménagés dans un lycée grenoblois en “sport judo étude”. Il fait tant et si bien qu’en 2008, à l’âge de 16 ans, il est sélectionné en Equipe de France Junior. Il poursuit jusqu’au Bac STG (sciences techniques et gestion) avant d’entrer en fac de sport juste pour 6 mois, les matières s’avérant trop scientifiques pour lui (physiologie, anatomie). Licencié alors au Club de Romans, ayant obtenu sa ceinture noire en 2006, il assure des séances d’entraînement en remplacement du coach indisponible à raison de 3 h/semaine.  Il passe et obtient en 2010 son diplôme CQP (certificat de qualification professionnelle) à Lyon et démarre alors des enseignements réguliers au sein de son Club romanais puis dispense d’autres entraînements au sein d’autres clubs des environs. Mais la galère des déplacements sans voiture lui faisait passer autant de temps dans les transports que sur un tatamis. Dans le même temps, il poursuit sa progression sportive personnelle en participant aux compétitions, ce qui lui permet à 3 reprise une qualification aux Championnats de France. Il franchit en 2013, 2014 et 2016 sa sélection suprême en 1ère division et se trouve confronté aux 4/5 meilleurs français du moment. Beaucoup de prétendants mais peu d’élus. Face à des tableaux de 25 participants de haut vol, il lui devient très difficile d’affronter ses adversaires avec les meilleurs atouts. Par ailleurs en effet, il doit surmonter un handicap ; il doit cumuler des entraînements ardus avec une vie professionnelle très remplie. Cela l’oblige à opérer un choix crucial. “J’avais plus de plaisir à enseigner, se confie-t-il, qu’à combattre en compétition”.  Comment en effet ne pas sacrifier l’un ou l’autre de ses choix entre un entraînement intensif pour des compétitions de haut niveau avec une vie professionnelle qui met en cause son avenir ?

 

Un véritable pari : ouvrir son club!

Corentin Mahey parvient quand même à rester parmi les 30 meilleurs français dans la catégorie poids lourds, celle de Teddy Riner, tout simplement!  Après le diplôme du CQP, il franchit une nouvelle étape avec celui du BPJEPS en 2015/2016. “J’avais de bons exemples autour de moi et un projet en tête : celui d’ouvrir mon propre club. En 2014, j’ai rencontré Rémy Marcon en sport étude à Grenoble. Rémy Marcon, lui aussi, a revêtu le kimono dès ses 5 ans. Il intègrera également le sport judo étude de Grenoble. Rémy Marcon est actuellement en Equipe de France où il a récemment terminé 3ème des Championnet de France de Ne Waza, et 7ème au Tournoi de Paris Ne Waza. Vainqueur, en Kiu Jitsu Brésilien du Championnat de France en ceinture bleu, il perd en quart de finale des Championnats d’Europe à Lisbonne. Il a remporté l’Open de Lausanne en ceinture Violette. Rémy Marcon est diplômé du BPJEPS et enseigne le judo et le Jiu Jitsu Brésilien depuis 2014. On se trouve en effet par hasard à la MJC à Guilherand Granges en phase de déclin faute de membres. On décide alors tous les deux de reprendre les cours au sein de la MJC. Sur la première année, on triple les effectifs pour passer à 80 licenciés au lieu de 30. Mais nous vivons la séparation avec la MJC en 2015/2016 pour nous lancer dans la création et l’ouverture de notre club A2G association loi 1901. Dès la deuxième année d’exercice, notre club comptait déjà 137 licenciés. Très vite, nous nous développons autour de la commune puis créons une deuxième section à Valence. Depuis l’année passée, le développement passe par St Sylvestre, St Romain en Lerps, Alboussière. Les licenciés ont dépassés le nombre de 335 aujourd’hui.

Depuis,Corentin Mahey a remporté le championnat de France de No-Gi (Grapping) en ceinture blanche et 2 fois le championnat de France Gi (Jiu-Jitsu brésilien) en ceinture bleu. Depuis septembre 2018, il totalise plus de 20h d’enseignement et +20H de travail administratif/semaine au sein de la structure associative A2G qui rémunère 2 salariés à plein temps depuis septembre 2018 (lui et Rémy Marcon rencontré en sport-étude à Grenoble en 2014), sans oublier les compétitions les week-ends. “Rien n’est imposé aux jeunes licenciés. L’esprit est de les former à se dépasser dès l’âge de 6 ans”. La ceinture noire peut parfaitement s’obtenir sans faire de compétition. Chacune passage de ceinture valide en effet divers critères comme cela se passe pour d’autres sports comme le kayak avec ses pagaies blanches, comme l’aviron avec son passeport de couleurs, etc. Aujourd’hui, fidéliser les 330 judokas (50 adultes, 10 adolescents) et augmenter les licenciés permettrait le recrutement de 2 nouveaux salariés comme par exemple Michael Iskaf bénévole à St Peray. Il convient de préparer la relève, de savoir arbitrer, poursuit Corentin Mahey. Le classement de ce club, qui se développe sur l’Ardèche, en particulier sur le plateau d’Alboussière, pour sa 4ème saison, est au 7ème niveau général sur 40 clubs nationaux. A2G, à terme, devrait pouvoir regrouper diverses sections réparties sur l’Ardèche et Valence en les rendants sportivement autonomes mais en état rattachées administrativement à l’association A2G. Pour ce faire, la formation et le passage de diplôme d’Etat sont impératifs.”