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Champis Garnier - La belle histoire de “Libertane” La Brasserie de la Grange du Seigneur se raconte par le menu de celui qui en est à...

Champis Garnier - La belle histoire de “Libertane”

La Brasserie de la Grange du Seigneur se raconte par le menu de celui qui en est à l’origine, Damien Faure.

Comment en être arrivé à créer cette brasserie, bien appréciée des connaisseurs du plateau, et à la nommer “Libertane”? C’est ce que vous découvrirez en lisant ce portrait.

 

La quête d’un idéal professionnel

Damien Faure est né à Fécamp (76) le 9 juin 1971 avant ses deux soeurs. Dans la maison, la mère est secrétaire médicale et le père professe comme éducateur spécialisé. La famille ne tarde pas à arriver en Ardèche “..mes parents avaient envie de vivre ici suite à un séjour découverte vers Bourg St Andéol”, explique Damien Faure, “j’avais 3 ans”. Durant sa scolarité, il fréquente les collèges de St Georges les Bains (82 à 86) puis le lycée à Privas. Durant les vacances scolaires, il randonnait en montagne et son grand-père à Fécamp l’emmenait pêcher. “Depuis tout petit, raconte-t-il, je suis passionné de nature. Gamin, j’adorais grimper dans les arbres. Je voulais être garde-forestier.” Ses choix l’amènent, de 1989 à 1994, à épouser la biologie en fac à Grenoble pour passer une maîtrise, plus spécifiquement en écologie. Il étudie la biologie des organismes et des populations (environnement et interaction). Pour poursuivre dans cette voie, durant six mois de stage en alternance pour une spécialisation alpine en méditerranée, il intègre l’ONF de Die. Il réalise une étude de faisabilité pour la création d’une réserve biologique domaniale. Mais, déjà, Damien Faure se pose la question “faire quoi, vers quoi m’orienter ensuite?” car il pense qu’en France, dans ce domaine, il n’a pas de débouché, contrairement au Canada “qui offrait alors bien plus de choses comme le DEA mais ce n’était pas possible, poursuit-il. J’ai arrêté mes études car à cette époque j’étais déjà en couple avec Hélène.” Damien Faure part faire le service national en tant que objecteur de conscience et s’enrôle pour 20 mois à la Mairie de Livron comme chargé d’environnement (1994/1996). Durant cette période, il structure les axes à travailler et les concrétisations à réaliser. “J’ai appris plus de choses sur les espaces verts, raconte-t-il, et mis en place des protocoles de gestion plus naturelle et plus écologique. En particulier, nous avons valorisé l’un des parcs d’un sentier botanique.”  “Toute cette activité m’a amené à transmettre et cela faisait partie de mes attributions. Grâce à la MJC, cela a donc consisté à sensibiliser les enfants, lors de sorties nature, avec qui nous avons réalisé un panneau 120x90 sur les bords du Rhône décoré de leurs dessins (animal, végétal). Cette année là, 1996, je trouve enfin ma voie…” Sa première fille naît alors que Damien Faure poursuit durant un an ses activités à la MJC de Livron en contrat de vacataire. Il intègre en mai/juin 1997 la FRAPNA Drôme à Valence en candidature spontanée pour une embauche comme animateur nature qui lui donne alors le “sens de l’entreprise” qu’il ignorait jusqu’alors, à mi-temps avec une mission SITRA. Il parvient à développer son poste d’animateur jusqu’en 2004. En quittant la structure, il laissera derrière lui 3 postes emploi jeune plein temps dans une activité pérenne. Il aura ainsi touché de près la gestion d’entreprise qui va lui servir sous peu …

 

1999, Damien Faure achète sa maison à Champis entre la naissance de sa seconde fille (1998) et la troisième (2001). Pour cette troisième naissance, il obtient un congé parental à temps partiel à la maison. “Je n’avais plus envie de faire tous ces déplacements tôt les matins et tard les soirs et imaginais déjà un autre scénario de vie car j’avais le sentiment d’avoir fait le tour de mon activité. De nouvelles pistes pouvaient se dessiner mais l’agriculteur ne me plaisait pas et ne voulais pas qu’on m’oppose quoi que ce soit dans mes choix à venir. Je lisais beaucoup “Esprit Village” et étais amateur de bière. Plus jeune, je partais 15 jours chaque année avec le collège en Allemagne où j’ai découvert cette boisson réputée. En 2003, je lis “Marcus Bière au village de Saoû”, un portrait de lui à Crest et cela me donne des envies de suivre cette voie. La FRAPNA refuse de me licencier mais de mon côté je vivais les choses de plus en plus mal, ce qui m’a amené à un ulcère. J’étais incapable de faire les choses autrement qu’à fond. Je parviens malgré tout en juin 2004 à obtenir ce licenciement. Je touche l’allocation chômage et m’inscris à une formation financée par la société Asphodèle à Mirabel (07) de “création d’entreprise en milieu rural” de 4 mois. Au total, j’aurai pris 18 mois pour me former, pour construire et installer ma brasserie, trouver les financements, acheter le matériel. J’ai fait un stage de 8 jours, pendant la formation, à l’école d’été du musée français de la brasserie à St Nicolas de port près de Nancy, puis j’ai effectué un stage de 15 jours très intéressant à la Brasserie Marcus en découvrant le système “semi-automatique”. Grâce à lui, j’ai pu confronter mes idées ; cela m’a permis d’avancer et je l’en remercie. Ensuite de quoi, il me fallait faire le tour de plusieurs brasseries pour découvrir diverses installations pour me conforter sur la mienne. Il me fallait trouver un million d’euros pour monter la brasserie en seulement 4 mois, de fin novembre à mars 2005.”

 

Un projet un peu fou

Damien Faure reconnaît qu’il lui fallait avoir conscience du volume à réaliser et donc de l’installation adéquate. Il inscrit le projet dans un process “E.L.I.” (Entreprise localement innovante) d’un dispositif régional à 3 volets avec 80% de financement pour l’accompagnant et l’association, 50% sur les investissements en matériel en neuf hors immobilier et véhicule, et 80% en post-création pour l’accompagnant. Mais de tout cela, Damien Faure ne pourra pas en bénéficier du fait d’un manque de budget en Région Rhône-Alpes. Sur dossier d’étude de faisabilité et un plan sur trois ans, “j’ai pu faire une demande d’aide complémentaire pour l’emprunt avec l’IEDV (devenu Initiactiv2607, financement solidaire pour les structures de développement sociaux-économiques)”. L’ensemble des montages financiers, aléatoires, longs, complexes et engageants, a permis la souscription “de bières à l’avance”, l’obtention des prêts pour construire l’atelier dont la pose des tuiles a pu se réaliser en décembre 2005. L’activité a été officiellement créée à la Chambre des Métiers en août 2005. S’ensuivent alors les tests des méthodes avec des brassins de 20 litres mis à la vente pour tester le marché. Le 20 janvier 2006, le premier brassage est réalisé pour 450 litres de bière blonde, suivi début mars de 500 puis 550 litres. “J’avais une meilleure maîtrise de la filtration et j’améliorai mes rendements, se souvient Damien Faure. Pendant 10 ans, jusqu’en 2015, ce fut la valorisation seulement par la vente directe (marchés, foires). Mais de 2006 à 2009, il s’agissait d’un volume de travail “complètement dingue” avec des brassages même les week-ends. En 2009/2009, il s’agissait en moyenne de 70 heures de travail par semaine. Ce n’était plus supportable. Je ne voyais plus les enfants. J’ai décidé de lever le pied car ce n’était pas mon choix de départ de ne plus avoir de vie privée..”

 

Damien Faure fait alors volte-face. “Avec Hélène, nous créons en août 2000 une activité péri-scolaire à Alboussière qui se nomme “La Tribu” pour lui permettre un emploi sur place, conjointement avec des parents décideurs. Durant un an, Hélène oeuvrait bénévolement avant la création de son poste. Pour ma part, j’étais le Président formateur. Plus tard, en 2010/2011, “cela devenait difficile pour moi à la brasserie que je continuais à faire tourner malgré tout. Je cumulais la responsabilité du secteur Ado à La Tribu comme animateur bénévole. J’avais alors une grosse pression financière. Un poste se libère que j’occupe alors à mi-temps de 2011 à 2015. Pendant cette période, je me ressource avec cette double activité. Mais en 2013/2014, cet emploi du temps devient plus lourd par cette éducation populaire vers le public qui prenait du temps. Alors s’ensuit une grosse réflexion sur le devenir de la brasserie car mon activité à La Tribu me plaisait beaucoup. Ce nouveau choix en balance m’amène à réfléchir à la chambre chaude et les petites caves de stockage en 2015. Il me fallait repenser aux trois manipulations manuelles et donc à une nouvelle organisation de travail. Je dessine un nouveau bâtiment pensé pour le stockage avec une nouvelle chambre chaude de 3 semaines au lieu d’une avec un bar d’accueil. Enfin, je décide la mise en place d’un premier concert/dégustation/apéros Jazz, avant l’été 2008, qui s’est poursuivi depuis chaque été à chaque week-end. C’est en 2015 que je dépose le permis de construire dont le traitement s’avèrera long et compliqué, de pair avec la demande de prêt subséquente. Début 2016, les travaux sont réalisés et nous accueillons l’été 2016 le premier public dans un lieu agrandi et rénové.

“Thierry Simonovic était un client régulier d’Alboussière. Il était moniteur d’auto école à Valence. Il fait une demande spontanée pour venir bosser avec moi. Ici, nous prônons la Liberté, d’où le nom de la brasserie : Libertane. Aussi, pour tourner le dos à l’esclavage moderne du salariat actuel, il n’y a pas de salarié ici. L’outil est là et il faut réfléchir comment générer un deuxième revenu d’indépendant. Il est venu souvent voir les brassins et m’aider à la mise en bouteille. En octobre 2016, Thierry est venu apprendre à la brasserie après avoir négocié une réduction du temps de travail à l’auto-école. Mars 2017, il a commencé à brasser de façon autonome. Il s’agit d’un vrai savoir-faire manuel à transmettre et ce n’est pas si simple, il faut du temps.”

 

De nombre 2017 à avril 2018, Damien Faure suit une formation à la Chambre des Métiers “TEPE Bac+2” (Titre d’entrepreneur de petite entreprise) avec le CNAM et travaille à un projet de structuration d’une société du type SARL pour simplifier les choses. L’organisation à la brasserie passe par un recensement des besoins, un développement commercial avec de nouveaux lieux de vente en plus des 4 marchés/semaine car Thierry Simonovic et Damien Faure ne sont pas satisfaits des résultats pour deux de l’été écoulé. Ils démarrent ce mois d’octobre 2018 le brassage pour 2019. Il leur faut réfléchir à de nouvelles bases pour l’année à venir. Le projet est donc à l’étude. Ils envisagent désormais ensemble comment acquérir de nouveaux clients professionnels, appréhender de nouvelles animations dont des ateliers de découverte de la fabrication de la bière, des ateliers de dégustation de menus à la bière, comment mieux communiquer d’une façon générale avec les outils d’aujourd’hui. La brasserie “Libertane” entre dans une nouvelle ère pour mieux asseoir encore une renommée déjà incontestable.

 

“Libertane” s’est implantée dans un lieu historique.

Damien Faure a fait l’acquisition de La Grange du Seigneur en 1999 et ai rentré en possession de l’acte notarié daté de 1453, date de sa construction.

 

“Ce bâtiment a été construit à destination des besoins du seigneur. Par l’intermédiaire de son fermier ou rentier, il y faisait entreposer les récoltes qui lui venaient de sa propre réserve à la Bâtie. C’est seulement à compter de la période révolutionnaire que ce bâtiment a été utilisé comme maison d’habitation après qu’il eut été vendu comme bien national. Jusque-là, il avait rempli l’office de grange, de grenier et d’étable. Par bonheur, les actes de cession du terrain et de projet de construction de la grange nous sont parvenus. Voici, en résumé, la teneur de ces documents. Le 15 janvier 1453, Nicolas et Antoine Vinard, frères, et Giraud Vinard, fils à Nicolas, vendent solidairement à noble Guillaume de Vernoux, châtelain de Crussol, au nom de magnifique et puissant Louis de Crussol, seigneur dudit lieu, une pièce de pré située sous ledit lieu de la Bâtie, pour y faire construire une grange avec son partènement et circuit, laquelle pièce de pré sera, à bref délai, délimitée par des bornes de pierre par les soins de prud’hommes commis en présence des vendeurs ; la vente est consentie moyennant le prix de 8 florins ….() ..Du même jour, le 15 janvier 1453, noble Guillaume de Vernoux donne à prix fait à Mathieu d’Alboussière, Jacques du Bourg et Mathieu Chabanon, présents, à faire construire une grange dans le partènement du pré de la Bâtie, dit du seigneur de Crussol, sous les formes, pactes et conventions suivants : ladite grange aura à la partie inférieure des murs, trois toises et demie de large et dix toises marchandes de longs (environ 18 mètres), trois portes de pierre d’ouverture bonne et suffisante, deux arcades de pierre, une fenêtre dont la partie inférieure aura la taille de quatre pierres. La partie inférieure de la grange aura une toise et demie de hauteur du sol au plancher ; la partie supérieure, deux toises du plancher au sommet des murs et en la toiture y aura cinq arcs bons et suffisants de carrure. Le seigneur de Crussol s’engageait à fournir et à faire apporter sur l’emplacement de la future grange, tout l’attrait nécessaire : bois, tuiles, chaux, sable, barres de fer et clous, ainsi que les pierres qui devaient être extraites de la carrière rurale. Il était convenu que cette construction, consentie moyennant le prix de 64 florins, devait être achevée pour la prochaine fête de Saint Jean. Entre la grande du seigneur et la Faurie existait, à la même époque, le grand pesquier ou peschier, autrement dit un étang destiné à l’élevage du poisson pour la consommation personnelle du seigneur. On peut encore voir l’emplacement de cet ancien peschier dont le périmètre est planté de peupliers..”

 

(Extrait de l’ouvrage “Champis, au mandement de la Batie de Crussol” de Serge Januel, prêté par la Médiathèque d’Alboussière remerciée)

 

Claire Mollien

Chargée de communication Web / rédacteur / community manager, photographe

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