Il s’agit bien, le mercredi 17 mai 2017 à l’Espace Culturel de la commune de Désaignes, d’un transfert de

“pouvoir”, de “vouloir”, de “promouvoir” entre l’ancien dirigeant âgé de 80 ans, Monsieur BRINGOLD, et le nouveau depuis le 1er octobre 2016, Monsieur Pascal Beillevaire. A 19h30, une centaine de personnes se sont attroupées pour fêter l’anniversaire d’une belle réussite fromagère dans le département de l’Ardèche. Les producteurs laitiers, salariés anciens et nouveaux, les associés d’origine, Monsieur Beaudé, Monsieur Mounier et Monsieur MALOSSE étaient présents. Les élus étaient fortement représentés par Monsieur BARD, Maire de Désaignes, Monsieur VALLON, Maire de Lamastre et Président de la Communauté de Communes, Monsieur CLARET de la Chambre d’Agriculture accompagné de six autres représentants, Monsieur REBOULLET, Président des Producteurs de lait et tous les membres du Conseil Municipal des communes. N’oublions pas les représentants du Syndicat de Promotion et de Défense du Picodon AOP.

Il y a 20 ans, une reprise d’activités tendue

La Fromagerie du Vivarais SARL a été créée en 1997, suite à la cessation d’activité d’une Fromagerie Artisanale du Picodon, implantée à Lamastre. Les principaux participants à cette création se sont retrouvés pour unir leurs forces. Citons, la commune de Désaignes pour l’investissement immobilier sous forme d’atelier-relais loué à l’exploitant Fromagerie du Vivarais, la Chambre d’Agriculture en portage des parts salariales ainsi que 40 associés d’intérêts privés public. Notons, parmi les différents investisseurs, ceux immobiliers pour la commune de Désaignes et mobiliers pour la SARL, les aides fortement appréciés de l'État, de la région Rhône-Alpes et du Conseil Général de l’Ardèche.

“J’étais à la retraite il y a vingt ans, confie Monsieur Bringold, originaire de Franche Comté. Je m’occupais encore du regroupement des coopératives et filières laitières. Lors de l’un de mes déplacements sur Lamastre, en faisant ma tournée des responsables laitiers et fromagers du département avec qui j’ai toujours été très proche, j’ai eu vent de la situation scabreuse de la Société à cette époque. J’ai décidé à nouveau de relever les manches. Je me suis rapprochée d’un de mes principaux complices également à la retraite, Raymond Grimbert, ancien expert-comptable. Sa réticence, bien compréhensive, a cédé grâce à l’entregent de sou épouse, favorable à cette nouvelle collaboration. C’est ainsi que nous avions replongé dans l’aventure en investissant du temps et de l’argent pour redonner des couleurs à cette société en perdition. Nous avons ainsi pu créer, tout en poursuivant un programme d’investissement, de nouveaux ateliers de fabrication pour le picodon et la pâte pressée. De 20.000 euros de chiffre d’affaires, dix huit ans plus tard, c’est 18 fois la multiplication des petits beurres. Je me sens soulagée de passer la main au Groupe Beillevaire qui pèse 300 personnes dont la moitié sont des commerciaux. La discussion fut âpre et très longue avec Pascal BEILLEVAIRE avec qui nous avions déjà des liens commerciaux il y a deux ans et demi. L’un de mes clients avaient été racheté par ce groupe et ma curiosité, faute de reprise possible au sein de ma famille, m’a poussé à l’élaboration d’un projet de rachat. Je suis surtout rassuré quant à la pérennité de la Fromagerie du Vivarais et de son histoire, de l’activité de ses salariés et de la marge de progression et de développement désormais possibles pour la société. Les résultats mensuels atteignent actuellement 3.600.000 € par mois. Je poursuis encore quelques temps mon accompagnement au projet avant de songer à définitivement me consacrer à ma retraite à 80 ans!”

 

Le Groupe BEILLEVAIRE opère une stratégie de développement depuis quinze ans

Pascal BEILLEVAIRE, 57 ans, originaire de Loire Atlantique, baigne depuis plus de trente cinq ans dans le secteur fromager et laitier. Depuis une quinzaine d’années, il structure le groupe et met en place un projet global d’entreprises autour de trois axes essentiels dans lesquels s’inscrit la reprise de la Fromagerie du Vivarais de Désaignes. Il sait par ailleurs que la succession familiale sera possible et cela le motive à accentuer le développement du groupe. “Le premier axe, explique Pascal Beillevaire, repose sur une longue expérience de fabrication de produits laitiers à Machecoul (44), site historique, en Loire-Atlantique. Le second site est celui de Gavray dans la Manche en Normandie pour la fabrication des camemberts AOP. Le troisième site se situe à Fontenille dans les Deux-Sèvres:  fabrication du Chabichou du Poitou AOP et d’une gamme de fromages de chèvres. Enfin, le quatrième se trouve dans l’Ain, à Vieu d’Izenave, qui est un site d’affinage de comtés et pâtes pressées cuites. La Fromagerie du Vivarais, société de 24 personnes, était un fournisseur historique du Groupe Beillevaire. C’est donc tout naturellement que le rapprochement a pu s’opérer.

Le second axe du Groupe Beillevaire s’inscrit dans un métier de “sourcing” ou “dénicheur” de fromages dans un objectif de diffusion sur toute la France. Cette stratégie s’est construite autour d’une idée, celle d’un plateau de fromages constitué de 300 produits différents, 12 sortes de fromages de chèvre. Pour ce faire, au fur et à mesure et à partir d’un tout premier magasin, nous distribuons désormais en direct sur 60 points de vente. Il s’agit donc d’un réseau “en propre” de distribution à nos couleurs. Enfin, le troisième axe de développement s’opère au travers de la fourniture à la belle restauration gastronomique, aux épiciers de luxe, autour de l’export et enfin de la distribution filière grande distribution.”

 

Les projets et l’avenir pour la Fromagerie du Vivarais

“Les projets d’avenir, poursuit Pascal Beillevaire, portent sur d’autres lignes de croissances externes, sur la pérennisation de ce qui se fait déjà, sur le développement de la Fromagerie du Vivarais. Notre PME, originale dans sa distribution avec une grosse partie de vente directe, possède une stratégie commerciale à l’exportation, contribue au rayonnement et au développement notamment grâce au projet d’extension, d’aménagement des locaux du site “Les Pélissons” de Désaignes actuellement en cours. J’ai à coeur l’amélioration des conditions de travail, de pénibilité, l’augmentation de production, l’accroissement des compétences des salariés, la diversification et cela passe par un agrandissement avec un nouvel atelier de fabrication. La Fromagerie du Vivarais a fait sa réputation sur la qualité de ses fromages et cela est inscrit dans son histoire. Je me dois de promouvoir et de donner un nouvel essor à tout cela et de mécaniser la production pour ne plus travailler manuellement tout en conservant l’authenticité des produits. A ce titre, je mène avec Monsieur Bringold la démarche précurseur IGP pour le Saint Félicien de telle sorte que celle-ci ne soit pas récupérée par un autre département. (Indication Géographique Protégée).”

La soirée a débuté par les diverses interventions de Pascal Beillevaire puis de Monsieur Bringold, de R Grimbert, Monsieur Claret puis des Maires des communes de Désaignes et Lamastre. Les élus ont été interpellés pour soutenir les gros travaux de terrassement, de surélévation en vue de l'agrandissement de la Fromagerie du Vivarais. Il en a été de même pour les projets de territoire auprès des producteurs ardéchois sur des produits élaborés et non poudrés et non européens en plus de celui d’IGP pour le Saint-Félicien ardéchois. C’est autour d’une collation bien fourni que de précieux cadeaux ont été offerts aux anciens associés. Moments émouvants et pleins d’espoirs pour le nouvel élan donné à la Fromagerie du Vivarais, à ses salariés, partenaires, clients et producteurs locaux.

 

Quelques chiffres :

Dès la fin de la 2ème année d’activité, de graves difficultés financières sont apparues. Des décisions urgentes s’imposent pour la sauvegarde de l’entreprise. Un tour de table réalisé courant 1998, 5 nouveaux associés mettent en place une nouvelle organisation dont Mr Bringold nommé Gérant le 3 mai 1999 qui injecte une grosse mise de fond.

1999 = nouvel investissement : mise aux normes des rejets d’eaux usées. Construction d’un local spécifique pour le traitement des sérums de fromagerie et de leur séchage. Remise à niveau des installations non adaptées à la création de la SARL.

2004 - 2ème investissement : nouvelle extension des ateliers, salle de fabrication, salage en saumure pour la nouvelle gamme de fromage à pâte pressée, avec extension des locaux d’affinage et de stockage.

2011 - 3ème extension et fin du programme immobilier : création d’une cave d’affinage de 130m2 climatisée pour l’affinage sur site (capacité + ou - 40 tonnes) et construction d’un entrepôt de 300m2 pour stockage des emballages, cartons et produits de nettoyage.

L’entreprise a acquis la taille de PME régionale lors de l’exercice du 1er juillet 2015 au 30 juin 2016

24 salariés + 1 apprenti en 2016 (2007/2008 : 19 salariés soit augmentation effectif de 26,3 %)

12 producteurs de lait et de chèvre et 15 producteurs de lait de vache

CA 2006/2007 = 1.969 M€ (exercice 1/07/2006 au 30/06/2007)

CA 2015/2016 = 3.438 M€, soit une augmentation du CA de 74,6%

Evolution de la collecte en cours avec la reprise de nouveau producteurs sur le plateau de Saint-Agrève permettant d’asseoir la croissance continue. Sous peu, 35 agriculteurs au total.

 

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