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Parution le 12 août 2015 : premier "reportage" d'investigation pour l'hebdomadaire Le Réveil du Vivarais. De février 2015 à juillet 2015, travail de fourmi pour remonter jusqu'à la source originelle de l'établissement à Condrieu.

 

Témoignage :

Qui ne connaît pas le prestigieux établissement situé au bord du Rhône, à deux pas du centre ville de Condrieu et de sa prestigieuse histoire au temps des mariniers ?

 

 

Qui se souvient de la guinguette ou barraque à frites de 1930 ? Rencontre avec Madame Daniele Castaing-Chambeyron, née le 5 janvier 1950  : « Cette ancienne maison des pêcheurs du Rhône en fait ressemblait déjà à un petit gite. On y mangeait quelques spécialités locales : le filet de bœuf aux anchois, de la carpe, des brochets. « La maison du pêcheur » comme on la nommait à l'époque, pratiquait donc de la petite cuisine et possédait 5/6 petits chambres pour les mariniers de passage ». 

 

« C'est ma mère Paule Castaing, décédée l'année passée, qui me racontait tout cela alors que j'étais une petite fille. Mes parents, ardéchois d'origine, s'intéressait alors au rachat de la fameuse auberge Bocuse. Dans le même temps la « Maison du pêcheur » était aussi en vente depuis un bon moment. Mes parents ont misé sur le fleuve Rhône, plus sauvage, plus vivant, plus majestueux. La Saône était pour eux un fleuve mort. Je me souviens qu'étant petite, lors de grosses inondations du Rhône, nous dormions au premier étage, les pieds au sec. J'ai dormi 14 ans dans la même chambre qu'eux. Ils ont donc délaissé Bocuse pour faire l'acquisition de la guinguette le 15 mars 1946 par l'achat du 1/3 des parts (associés avec MM JAMME ET JARICOT). Le BEAU RIVAGE voyait le jour. Mon père s'est installé aux cuisines, ma mère aussi mais s'est surtout occupée d'autres tâches. Elle me disait souvent « l'hotellerie a sauvé le restaurant financièrement ». Au décès de mon père, ma mère a repris la suite. Elle avait appris son métier, dans la maison même de son futur mari, où lui-même faisait son apprentissage de cuisine : « Hôtellerie Cheneyt » à Alboussière en Ardèche. Son état de santé, ne lui permettant pas de continuer au fourneau, il s’orientait sur l’École Hôtelière de Nice, tandis que ma mère, sous les ordres de Mlle CHEYNET (Cordon Bleu et créatrice de la maison), continuait son apprentissage de la cuisine, qui était, pour elle, une véritable vocation. Ma mère épousa le 7 mai 1933 Léonce Raymond CASTAING. En 1975, mon père resta handicapé à la suite d'un accident de voiture. Il décèdera le 6 avril 1984.

 

« Ce n'est qu'entre 1946 et 1948, sous les conseils de personnalités telles que René CLAIR, André DAVEN, Sacha GUITRY, Charles VANEL, Danièle PAROLA-DAVEN et Jean MINEUR, que des transformations ont été réalisées pour rendre les premières chambres, bien modestes, en chambres de grand confort. René CLAIR en particulier, enthousiasmé par le lieu, n'a pas cessé d'en faire de la publicité. » 

« Mais ma mère ne voulait pas que sa fille unique unique prenne la suite. L'établissement fut vendu en 1987. Entre 1954, date de la remise du 1er « macaron » Etoile Michelin (aussi grâce à ses amis Fernand et Mado POINT), les distinctions se sont accumulées : « Relais de Campagne », 2ème macaron en 1964 conservé pendant 23 ans, 3 Toques de Gault et Milau durant 20 ans, 1972 Relais Gourmand, 1983 Palme de la Courtoisie, 1986 Chevalier dans l'Ordre du Mérite Touristique, 1986 Diplôme d'Honneur des Toques Blanches Lyonnaises. »

 

Portrait en hommage à Madame Paule CASTAING

Paule Castaing est née le 14 mars 1911, obtient son certificat d'études en 1924, son Brevet élémentaire en 1925, le Brevet supérieur en 1926. A l'automne 1927, Madame CASTAING rentre en apprentissage de cuisine avec Mlle CHEYNET, Hostellerie Beau Séjour, à Alboussière (Hôtel de la Poste). Après le rachat de l'hôtel par Madame Veuve Pierre Castaing, née Eugénie Garnier, Mme Paule Castaing devient chef de cuisine, avec comme apprenti Raymond CASTAING (qui fera ensuite l’Ecole Hôtelière de Nice). De 1935 à 1939, Madame Paule Castaing assure des alternance entre les saisons d’hiver à Megève (Coq de Bruyère) et les saisons estivales à Alboussière. Entre 1939 et 1942, Madame Castaing devient Chef de cuisine chez le « volumineux et joyeux » Albert ALAIZE (dit Bébert), rue Royale, dont elle fait la renommée auprès des lyonnais. L'hôtel Beau Rivage est vendu en 1987. Madame Castaing quitte la cuisine de l'Hôtel le 1er janvier 1988 après 60 ans de passion. Elle passe le relai à son second,

 

Jacques GILLIER, pour qui elle a négocié 1 macaron Michelin auprès des instances du guide Michelin. (L’hôtel perdra son étoile lors du départ en retraite de Jacques). De 1998 à 2000, Madame Castaing reprend de service en cuisine de la Brasserie de l’Opéra, rue de l’Arbre sec de Lyon, brasserie tenue par sa fille. Elle rentre en maison de retraite « Le Rivage » à Vaise en janvier 2011. Madame Paule Castaing décèdera le 9 août 2014 à plus de 103 ans.

 

 

L'hôtel Restaurant BEAU RIVAGE aujourd'hui en chiffres

Pascal HUMMAN, actuel propriétaire, rachète Beau Rivage en 1988. La structure est familiale. « Nous avons procédé à des rénovations sur le bâtiment principal et à des aggrandissements. L'emprise au sol a été respecté de façon identique puisque nous sommes en zone inondable. Madame Feu Castaing avait acheté en 1968 une petite annexe pour la réalisation de nouvelles chambres. Nous y avons juste apporté quelques améliorations. Aujourd'hui notre établissement compte une suite de 48m2 et 30 chambres de 26 à 35m2. Nous assurons 80 couverts en restauration. Entre 1988 et 2000, nous avons constaté une évolution de la clientèle qui était auparavant des personnes de 60/70 ans avec souvent une fidélité de plus de vingt années. Il s'agissait en partie de professionnels souvent sur la route et des industriels. »

 

« Depuis 2014, il s'agit d'une clientèle de plus en plus touristique, des actifs, pour 60 % de la fréquentation, les 40 % revenant aux professionnels. 40 % des 60 % sont des touristes étrangers du nord et du sud de l'Europe, 20 % sont des francophones. La durée moyenne des séjours à 99 % est une nuit étape. 80 % des clients s'intéressent au vin mais les caveaux sont fermés en août. Les clients sont acheteurs. Ce ne sont pas les viticulteurs qui vendent. Difficile dans ces conditions de parler de « neunotourisme ». Depuis 3 ou 4 ans, nous réalisons un chiffre d'affaires de 2,7 million d'euros par an. L'effectif est de 35 personnes permanentes à l'année sans compter les saisonniers. Nous sommes ouverts 7 jours sur 7. »

 

« L'activité devient de plus en plus difficile pour des raisons globalement économique. Les clients ont des budgets serrés (professionnels et individuels). La clientèle internationale est touchée aussi mais certains, comme les allemands, sont propriétaires en Espagne. Le coût est étudié et ils recherchent des offres low cost avec voiture, séjour intégrant chambres d'hôtes. Il y a 10 ans, nous n'avions pas de service commercial ce qui est indispensable aujourd'hui (salons, démarches entreprise). Nous ouvrons nos services et nous proposons par exemple, pour nous rapprocher de Lyon, une chambre avec petit déjeuner et bus à 23h pour la fête des Lumières par exemple.

 

« Le Festival de Jazz à Vienne asseoit notre notoriété puisque des personnalités du spectacle nous font l'honneur de résider chez nous. Nous travaillons de concert avec l'Office de Tourisme viennois. Cette période coincide aux départs en vacances particulièrement entre le 14 juillet et le 15 août avec une fréquentation fluctuante liée aux offres Low cost diversifiées. Nous comptons, autant que Madame Castaing, sur la recommandation, le bouche à oreille puisqu'aussi bien, en terme de communication, nous avons épuisé toutes les ressources « référentes » en la matière. Notre réputation n'est donc plus à faire mais à conserver. »

 

 

Claire MOLLIEN

LE REVEIL DU VIVARAIS PARU LE 12 AOUT 2015