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Publié le 07/02/2019, 10:04 par Claire Mollien
la-distribution-des-produits-naturels-et-bio-en-chineMerci Pierre-Jean Llorens ; voilà un sujet sensible ... car aujourd'hui le soi-disant "bio" se décline sous bien des facettes ; il ne...
Publié le 06/02/2019, 11:08 par Claire Mollien
avec un grand merci à Pierre-Jean Llorens pour sa large contribution à cette revue de presse bien chargée ..
Publié le 22/01/2019, 17:42 par Claire Mollien
des-offres-d-emploi-de-la-lecture-sociale-des-rv-a-noter-a-ne-pas-ratermISE A JOUR DU 29 JANVIER 2019 ... en début d'article ...Avec un grand merci pour sa confiance renouvelée en 2019 à Isis de Romefort,...

Maraîchers producteurs/exploitants – La rigotte du terroir en péril

Première parution : le 09/03/2016 - édition Reveil_Vivarais page 000005

Marché de Condrieu Vendredi 4 mars matin : une quinzaine de marchands occupent le marché par un temps humide et froid. Réguliers, ces habitués de longue date tissent avec leurs clients des relations privilégiées de

proximité. Raphaël Vallet a pris la relève de sa mère depuis 2000. Voilà 33ans qu'il occupe sa place sur le marché de Condrieu et celui d'Echalas. Situé sur le plateau à la limite de la Loire, entre Trèves et Echalas, il bénéficie d'aucun réseau d'irrigation. Il jongle, d'une année sur l'autre, pour récupérer l'eau de pluie et constituer des retenues et réserves.

 

Inutile de dire combien 2015 fut difficile pour son exploitation. Ses volailles, les céréales qu'il produit et les légumes qu'il cultive ont souffert terriblement de la sécheresse. « J'ai perdu 25 % de mes revenus. Je manque de fourrage pour mes brebis. Le plateau est sec. Je n'aime rien demander et les aides sont insignifiantes pour les petits producteurs. Heureusement l'hiver a été très doux et l'automne a perduré. Cela ne compense rien mais cela évite le pire. Le chiffre réel généré par mes produits vaut bien mieux que des aides aléatoires comme le Pac pour le céréale. » Peu de récolte de haricots, peu de production de légumes d'été. Un manque à gagner. « Ce métier est trop dur. Je ne le souhaite pas pour mes propres enfants. Du reste, après moi, il n'y aura pas de reprise familiale ».

 

Un peu plus loin, rencontre avec Christian Garde. Depuis 1979, il prend la succession parentale, en nom propre, à la Rosay, sur les hauteurs de Condrieu, de la production de la fameuse rigotte du terroir. Avec un fameux cheptel de 100 chèvres laitières et de 10 bovins, il ne parvient pas à dégager un salaire décent et flirte avec le seuil de pauvreté. « L'exploitation ne vaut plus rien ». « Après moi, aucune reprise familiale comme c'était le cas auparavant ».

 

Alors, la sécheresse pour lui s'est avérée catastrophique, surtout la chaleur. En effet, si les chèvres buvaient à volonté, comme pour tous les êtres vivants, elles étaient frappées d'épuisement et de manque d'appétit. Résultats : fromage pâteux de moindre qualité, pas ou peu de rendement, L' »effet bouc « réussi n'a pas induit l'effet escompté sur les chèvres.

 

Un mois de retard pour les chevreaux : 15 février au lieu du 15 janvier et donc perte de lait durant cette période.Monsieur Garde non plus ne veut pas demander d'aide. Mise à part un léger dégrèvement d'impôts (50 euros) il n'a pu bénéficier de l'aide financière pour l'achat de foin car pas de fourrage pendant une longue période. « Plus que deux ans à tenir sans espoir de reprise derrière ».La rigotte du terroir, si ce phénomène est généralisé, sera t elle en péril à ce rythme de sécheresse pour les années à venir?

 

SECHERESSE 2015 : les viticulteurs « bio » s’organisent

Première parution : le 09/03/2016 - édition Reveil_Vivarais page 000036

 

30 vignerons rhônalpins se sont réunis trois jours durant pour présenter leur production. Isabelle et Henri Guiller exploite leurs parcelles du Clos de la Bonnette sur les côtes du Vallon d’Arbuel depuis 2009. En 1970 déjà, Henri Guiller s’activait au maraîchage bio avant de s’attaquer parallèlement au vignoble. Ce couple produit le blanc de Condrieu et le Syrah rouge sur plus de 2 hectares en pleine pente qui passera à 5000m2 de plus en 2016. « Ces coteaux sont très compliqués à travailler » indique Isabelle Guiller. « Par chance, il y eut beaucoup de pluie l’hiver précédent. Le sol a été bien hydraté. Mais surtout le travail du sol est facilité par le fait que les racines descendent profondément à la recherche de l’eau. L’aération de la terre s’avère efficace pour retenir l’eau de pluie. Nous plantons en « courbe de niveaux » avec l’aide de cavaliers entre courbes et plats. Dans les pires endroits de la pente, mon mari fait passer un outil de sa fabrication conçue à partir d’une chenillette et d’un moteur. Finalement, et malgré les grosses chaleurs de l’été 2015, nous n’avons pas à nous plaindre. Ce sont surtout les trois jours de vent chaud du sud en août qui ont commis le plus de dégâts : les raisons perdaient du jus. 15 millimètres de pluie peu de temps après a suffit pour repulser les grappes. Nous avons évité de peu « la correctionnelle » et nos vins ne dépassent pas les 14/15 degrés de vinification. »

 

Il n’en va pas de même pour Anne et Pierre André Deplaude qui exploite leur domaine du côté de Tartaras dans la Loire. « Contrairement à la vallée du Rhône et du Pilat, nous ne prenons pas les orages de la même façon. Le terrain n’est pas argileux mais à base de schiste. En août, ce ne sont que 7 millimètres d’eau orageuse dont nous avons bénéficié. Trop peu pour regonfler les raisins. » Le couple vinifie des vins rosés, rouges et blancs sur 5,5 hectares entre 10/15 et 40% de pente. « Dès le mois de juin, les épisodes de chaleur et surtout de vents chauds ont mis à mal nos cépages de 10 ans. Les vignes de 40 ans ont bien mieux résistées grâce à un enracinement plus profond. Alors nous avons veillé comme des homéopathes : sur le terrain tous les jours, travaille de la terre en biodynamie, des feuilles à la poudre de silice, par la coupe des cœurs, pour pallier au stress et à la souffrance des cèpes ». « Peu de rendement : 32 hectolitres en moyenne contre 42 en 2014. Seule consolation : notre investissement a permis de limiter le degré de vinification à 12, et 14 degrés. La sécheresse est donc vécue différemment en fonction des viticulteurs.

 

Il faut relativiser les effets en fonction du niveau de pluviométrie locale et du terroir.

 

 

Claire MOLLIEN

Web rédacteur, community manager, photographe
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